Force ouvrière : Jean-Claude Mailly règle ses comptes avant de passer la main

Force ouvrière : Jean-Claude Mailly règle ses comptes avant de passer la main
Jean-Claude Mailly à Paris, le 17 mai 2017.

Orange avec AFP, publié le vendredi 27 avril 2018 à 07h00

Le patron sortant du syndicat a notamment été accusé d'avoir "vendu la classe ouvrière à Macron et au Medef".

Ciblé par des critiques parfois violentes au congrès de Force ouvrière, le secrétaire général Jean-Claude Mailly a déclaré jeudi 26 avril avoir "le dos large" et assumer ses choix, notamment à propos des ordonnances sur la réforme du code du travail. Il a cependant déploré l'image que les dissensions ont donné de la confédération.

À la tête du syndicat depuis 14 ans, M. Mailly doit passer vendredi la main à Pascal Pavageau, seul candidat à sa succession.

Depuis lundi à Lille, plusieurs dizaines de militants lui ont reproché, parfois violemment, sa "passivité" et sa "timidité" sur les ordonnances réformant le droit du travail, une position qui secoue le syndicat en interne depuis plusieurs mois. "J'ai le dos large et je vous avoue que ces derniers mois, au-delà des nuances ou divergences démocratiques qu'on peut avoir entre nous, je considère que certains ont mordu le trait de la fraternité et de la camaraderie", a-t-il lancé jeudi, pour son dernier discours officiel. Une partie seulement de la salle s'est levée pour saluer M. Mailly. 


S'il a pris "quelques bosses", il "s'en fout", a-t-il assuré, car il "peut se regarder dans la glace le matin". Il n'a pas voulu revenir dans le détail sur l'épisode interne des ordonnances, y décelant "une part d''irrationnel" ou un "prétexte". "Qui a dit que les ordonnances étaient bien?", a-t-il lancé. 

MARTINEZ DOIT "SE FRISER LES MOUSTACHES"

"Ca fait beaucoup d'énergie dépensée en interne", a-t-il déploré. Philippe Martinez, numéro un de la CGT, "doit se friser les moustaches" et Laurent Berger, patron de la CFDT, penser qu'il a "un boulevard si FO se déchire comme ça!", a-t-il ajouté. "J'ai eu du mal à avaler qu'on puisse penser que je sois un menteur", a ajouté le responsable syndical, rappelant que c'est "à l'unanimité du bureau confédéral que nous avons pris les décisions", bureau dont est membre son successeur. 

"Les hommes et les femmes passent, les organisations restent", a-t-il dit. "Je sais aussi par expérience qu'à FO les successions, c'est jamais simple", a-t-il ajouté. "Être secrétaire général de la confédération, c'est une lourde responsabilité et on ne peut le mesurer que quand on l'a obtenue", a-t-il affirmé, en forme de mise en garde à Pascal Pavageau. 

M. Mailly a répété qu'il avait "sollicité un mandat" au Conseil économique et social européen. "Il y a un camarade qui a accepté de démissionner pour que je puisse le remplacer", a-t-il assuré. "C'est pas Macron qui désigne là-dedans, c'est pas Pénicaud, c'est FO!", a-t-il ajouté, en réponse à des critiques sur un "parachutage".

"IL Y A DES CRITIQUES QUI M'ONT BLESSÉ"

"Ce matin, j'ai parlé avec mes tripes, il y a des critiques qui m'ont blessé", a commenté M. Mailly dans l'après-midi auprès de quelques journalistes. 

Les délégués sont réunis jeudi en commission avant le vote vendredi matin pour leur nouveau secrétaire général. Le résultat du vote sur le rapport d'activité - généralement voté à plus de 95% - sera un thermomètre du mécontentement envers le secrétaire général sortant. Le vote s'est déroulé jeudi mais le résultat doit être rendu public vendredi.

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