Fonction publique : le ménage se poursuit contre les "carrières toutes tracées"

Fonction publique : le ménage se poursuit contre les "carrières toutes tracées"
(illustration)

publié le vendredi 23 avril 2021 à 14h55

Après l'ENA, les traditionnelles inspections pourraient disparaitre

Le gouvernement regarde "inspection par inspection quel sera leur sort" et travaille sur l'"hypothèse d'une extinction" des grands corps d'Etat, a indiqué le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques, jeudi 22 avril. Selon Le Monde l'Inspection générale des finances, l'Inspection générale de l'administration et l'Inspection générale des affaires sociales sont notamment concernées.

Après l'annonce début avril par le chef de l'Etat de la suppression de l'ENA (Ecole nationale d'administration), remplacée par un Institut du service public (ISP), le gouvernement souhaite s'attaquer aux grands corps d'Etat.

"On regarde actuellement inspection par inspection quel sera leur sort" pour savoir si elles ont vocation à devenir "un service où on ne fait que des passages mais pas toute sa carrière" ou à rester telles quelles, a confirmé auprès de l'AFP une source au ministère.

"L'hypothèse de l'extinction des inspections est clairement une hypothèse sérieuse", ajoute-t-on. Mais ces disparitions "ne sont pas forcément valables pour toutes les inspections", ajoute-t-on au ministère.

Mesures contre les "carrières toutes tracées"

Des décrets seront pris au cours des prochains mois pour préciser leur sort avant une entrée en vigueur au 1er janvier 2023. En outre, l'ordonnance prévoyant le remplacement de l'ENA par l'ISP, et inscrivant dans la loi l'indépendance des membres de la haute fonction publique, sera présentée en Conseil des ministres le 26 mai.

Pour en finir avec "les carrières toutes tracées", les diplômés de la future ISP, en remplacement de l'ENA, qui feront "tout un tas de métiers avant d'administrer, juger et faire des rapports" à destination des ministères. "L'hypothèse c'est qu'au bout de six ans", soit après deux expériences de terrain d'une durée de trois ans chacune, "le service (des inspections amenées à être supprimées, ndlr) fonctionnera toujours mais vous n'y ferez plus toute votre carrière". La Cour des comptes et le Conseil d'Etat, tous deux des corps de magistrats, ne seront pas concernés par ces mesures.

Créée en 1945 par le général de Gaulle, l'ENA, qui sélectionne quelque 80 élèves par an, était régulièrement critiquée pour sa formation d'élites "hors sol". Comme il l'avait promis après la crise des "gilets jaunes", Emmanuel Macron a ainsi annoncé sa suppression au profit d'un "Institut du service public", une réforme de la carrière des hauts fonctionnaires, pour un Etat plus ouvert, plus divers et plus agile.

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