France

Financement libyen de la présidentielle 2007 : Nicolas Sarkozy va être jugé en 2025

L'ancien président sera jugé en 2025 dans l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, notamment pour "corruption passive", annonce BFMTV. Trois anciens ministres vont également être jugés : Eric Woerth, Claude Guéant et Brice Hortefeux.

Les déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy ne sont pas terminés. Condamné en mai dernier à trois ans de prison, dont un an ferme, dans l'affaire dite des "écoutes", il avait annoncé se pourvoir en cassation. L'ancien président de la République est aujourd'hui renvoyé pour "financement illégal de campagne électorale", "corruption passive" et "recel de détournement de fonds publics" dans une autre affaire : celle des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Le procès est prévu pour le premier semestre 2025, entre le 6 janvier et le 10 avril, indique BFMTV.

Parmi les douze autres personnes également renvoyées devant un tribunal correctionnel figurent l'ancien ministre du Budget Eric Woerth et les anciens ministres de l'Intérieur Claude Guéant et Brice Hortefeux. Ziad Takieddine, homme d'affaires franco-libanais qui aurait joué les intermédiaires, est également concerné. L'enquête, ouverte en 2013, est partie des accusations portées en 2011 par le fils de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi. L'année suivante, Mediapart avait révélé une note des services secrets du pays nord-africain, qui faisait état d'un financement à hauteur de 50 millions d'euros de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy assure qu'il ignorait un tel financement

Si ses déclarations ont varié au long de l'instruction, Ziad Takieddine lui-même avait confirmé en 2012 un tel financement, devant le juge Van Ryumbeke, dans une autre affaire. Il avait déclaré avoir remis trois valises de billets au ministère de l'Intérieur, rappelle BFMTV. Nicolas Sarkozy, mis en examen en 2018, pour "corruption passive", "financement illicite de campagne électorale" et "détournement de fonds publics libyens", a toujours assuré n'avoir eu aucune connaissance d'un tel financement. Il a également souhaité faire valoir son immunité présidentielle, en vain.

publié le 25 août à 14h15, Emmanuel Davila, 6Medias

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