Fin de vie : Alain Cocq veut "aller jusqu'au bout"

Fin de vie : Alain Cocq veut "aller jusqu'au bout"
Alain Cocq dans son lit médicalisé, le 12 août 2020 à Dijon.

, publié le samedi 10 octobre 2020 à 18h10

Après une première tentative de se laisser mourir, le militant de la fin de vie Alain Cocq, atteint d'une maladie incurable, a annoncé son souhait "d'aller jusqu'au bout".

Alain Cocq, militant de la fin de vie "digne" atteint d'une maladie incurable, a annoncé samedi son intention de se laisser mourir, un mois environ après une première tentative avortée, disant cette fois-ci sa certitude d'aller "jusqu'au bout". 


"A compter de lundi 12 octobre minuit, je cesserai toute hydratation, alimentation et traitement sauf les antidouleurs", a déclaré à l'AFP Alain Cocq. "Je vais aller jusqu'au bout", a-t-il ajouté en référence à sa première tentative avortée, le 5 septembre.

Ce jour-là, Alain Cocq avait cessé toute hydration, alimentation et traitement mais plusieurs jours de souffrances qu'il disait "insupportables" avaient entraîné son hospitalisation et la reprise de son traitement.

"A ce moment-là, le Samu est intervenu et m'a proposé de soulager mes douleurs, ce que j'ai accepté: il y a eu un quiproquo car eux ont compris qu'il fallait reprendre l'hydratation et l'alimentation", a expliqué Alain Cocq dans une intervention, depuis son lit médicalisé par visio-conférence, à l'Assemblée générale de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), qui s'est tenue samedi 10 octobre à Dijon.

"Cette fois-ci, c'est clair: je me suis fait aider d'un avocat et le Samu va être signifié par courrier", a précisé Alain Cocq à l'AFP, indiquant qu'il s'était fait conseiller par l'avocat François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, un infirmier en état végétatif décédé en juillet 2019 après une sédation profonde voulue par son épouse et François, mais à laquelle ses parents se sont opposés.

Pas de retransmission en live de son agonie

Alain Cocq a précisé qu'il renonçait cette fois-ci à retransmettre en direct son agonie sur sa page Facebook ou un autre site. Facebook avait bloqué le 5 septembre la diffusion en vidéo de l'agonie du militant de la fin de vie digne après seulement quelques heures de live.

A 57 ans, il estime ne plus avoir une vie "digne" en raison d'une maladie très douloureuse qui le cloue au lit. Il avait demandé en vain en août au président de la République d'autoriser, à titre compassionnel, le corps médical à lui prescrire du pentobarbital, un barbiturique puissant qui lui aurait permis de "partir en paix". Le président avait refusé, disant "ne pas pouvoir demander à quiconque d'outrepasser notre cadre légal actuel".

Alain Cocq milite pour l'autorisation du suicide assisté, qu'il considère comme un "soin ultime". La loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016, autorise la sédation profonde mais seulement pour les personnes dont le pronostic vital est engagé "à court terme".
 

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