Fermeture des lieux culturels : "On a un sentiment de déconsidération", estime Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point

Fermeture des lieux culturels : "On a un sentiment de déconsidération", estime Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point
Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point.

, publié le jeudi 24 décembre 2020 à 11h01

Le Conseil d'Etat a validé mercredi 23 décembre la fermeture des cinémas et théâtres au moins jusqu'au 7 janvier.

La fermeture des cinémas et théâtres a été prolongée au moins jusqu'au 7 janvier, date du prochain rendez-vous pour tirer un bilan de la situation sanitaire. L'échéance a été validée par le Conseil d'Etat mercredi 23 décembre.

Alors que les rumeurs s'ébruitent autour d'un éventuel prochain reconfinement après les fêtes de fin d'année, Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, a peu d'espoir de voir une réouverture des lieux culturels si tôt.


"Non je n'y crois pas (à une réouverture le 7 janvier), car on a contre nous l'augmentation de l'épidémie. Il n'est pas question qu'on envoie des gens dans les hôpitaux à cause de nous. Si jamais l'épidémie baissait il y aurait une revoyure en notre faveur", a-t-il estimé sur l'antenne de Franceinfo.

Cette décision, Jean-Michel Ribes la "prévoyait". "J'ai trouvé qu'on avait une vraie écoute, que les magistrats avaient une vraie écoute. On a bien vu que nous étions des gens respectueux du sanitaire", a-t-il continué. Cependant, selon lui, "on a un sentiment de déconsidération à force de dire que la culture, ce n'est pas important, que c'est un peu la danseuse de la République et qu'on va lui couper le jupon". Puis d'ajouter: "On oublie ainsi qu'il y a énormément de gens qui travaillent dans la culture, qui rapporte énormément d'argent à l'Etat."

"Nous comprenons votre désarroi", a assuré Jean Castex

Mercredi 23 décembre, le Premier ministre Jean Castex a publié une lettre adressée "à ceux qui font vivre la Culture en France", diffusée sur Twitter, dans laquelle il a justifié à nouveau la décision de ne pas rouvrir théâtres et cinémas comme initialement prévu le 15 décembre. "Nous comprenons votre désarroi, votre colère et votre découragement", a-t-il fait savoir.

"Nous avons nous-mêmes cru jusqu'au dernier jour à la possibilité de cette réouverture", a expliqué le chef du gouvernement. "Mais, dès lors que les indicateurs s'étaient à nouveau dégradés, la décision d'ouvrir n'aurait pas été responsable (...) et nous aurait exposé à un risque évident de rebond épidémique d'ici quelques semaines", a-t-il ajouté.

"Voilà pourquoi, alors que vous nous demandez de la visibilité sur les prochaines échéances, voire une date de réouverture ferme et définitive, il sera dans les prochaines semaines difficile de vous donner satisfaction sur ce point", a prévenu Jean Castex.

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