Fermeture de Bridgestone Béthune : Xavier Bertrand demande à Jean Castex de "s'impliquer personnellement"

Fermeture de Bridgestone Béthune : Xavier Bertrand demande à Jean Castex de "s'impliquer personnellement"
Manifestation devant le site de Bridgestone à Béthune, le 17 septembre 2020.

, publié le mardi 22 septembre 2020 à 15h45

De son côté, Laurent Berger a plaidé pour une loi permettant d'exiger le remboursement des aides publiques versées à des entreprises qui ne "jouent pas le jeu" du maintien de leurs activités.

Après l'annonce choc du géant japonais du pneumatique Bridgestone de fermer le site de Béthunes dans les Hauts-de-France, le président de la région Xavier Bertrand a indiqué avoir "rencontré le Premier ministre en tête à tête à Matignon". "Le premier dossier dont je lui ai parlé c'est Bridgestone", a-t-il expliqué sur LCI mardi matin.

"J'ai demandé (à Jean Castex) de s'impliquer personnellement, d'impliquer l'ensemble du gouvernement pour (...) qu'on puisse obtenir un vrai dialogue avec les Japonais" car "ils doivent savoir la façon dont se comporte la direction européenne de Bridgestone", a poursuivi l'ancien ministre. Selon ses dires, le chef du gouvernement aurait répondu "qu'il était prêt à s'engager"



"Le Premier ministre a effectivement vu Xavier Bertrand lors d'un dîner privé hier soir (lundi soir), rendez-vous prévu de longue date", a-t-on confirmé dans l'entourage de Jean Castex. Les deux hommes se connaissent de longue date puisque l'actuel Premier ministre fut conseiller de Xavier Bertrand, quand ce dernier était ministre de la Santé puis du Travail sous la présidence de Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy.

Le dossier brûlant de la fermeture de ce site qui emploie 863 salariés est suivi "personnellement de près, depuis plusieurs semaines" par le chef du gouvernement, a indiqué son entourage, en soulignant que "tous les efforts sont mis en œuvre par le gouvernement avec Elisabeth Borne et Agnès Pannier-Runacher pour soutenir l'entreprise et ses salariés".

La fermeture, la "seule option" pour Bridgestone

De son côté, la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, qui a participé lundi à une réunion de crise avec des élus locaux et la direction Europe du groupe, a indiqué mardi sur franceinfo que les dirigeants de Bridgestone "sont prêts à rouvrir des scénarios alternatifs pour remettre de l'activité dans l'usine" de Béthune, "c'est clairement établi".

"Ce qui n'empêche pas qu'ils ont une conviction sur le fait qu'ils ne sont pas capables de produire des pneus dans cette usine dans les conditions actuelles du marché du pneu en Europe", a-t-elle ajouté, expliquant que "tout l'enjeu", désormais, était de "contre-expertiser leur propre analyse". Pour ce faire, "nous avons mandaté un expert, Accenture, pour regarder les données de Bridgestone", a-t-elle indiqué. "Ce qui nous importe, c'est d'avoir de l'emploi industriel à Béthune pour ces salariés-là", a-t-elle souligné.

La direction de Bridgestone a estimé mardi dans un communiqué que la fermeture du site de Béthune était "la seule option", mais qu'elle entendait "participer activement à la recherche de solutions pour le site et le territoire".

Une loi pour conditionner les aides d'Etat

L'exemple de Bridgestone à Béthune montre la nécessité d'une loi qui permettrait d'exiger le remboursement des aides publiques versées à des entreprises qui ne "jouent pas le jeu" du maintien de leurs activités, a plaidé de son côté le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. "Il faut enfin qu'on soit un peu moins naïf, un peu moins impuissant et qu'on puisse dans ces cas-là avoir une législation qui permette de demander des comptes à l'entreprise", a souligné le responsable syndicaliste mardi matin sur Europe 1.

A Béthune, au fil des années, la direction de l'usine Bridgestone a organisé elle-même la fuite de son activité" vers d'autres sites industriels, a observé le syndicaliste. "Lorsqu'une entreprise ne joue pas le jeu du maintien de son activité", il faut "qu'elle rembourse les aides", a-t-il poursuivi, regrettant l'absence actuelle d'un "cadre législatif" pour l'y contraindre.

L'utilisation des aides publiques "doit être conditionnée à un accord" du comité social et économique (CSE), a encore insisté le numéro un de la CFDT. L'adoption d'une telle loi aurait lieu "sans doute trop tard pour Bridgestone mais il ne faut pas que ça puisse se reproduire", a-t-il plaidé.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.