"Femmes indésirables" dans certains lieux publics : "des pratiques intolérables", selon Axelle Lemaire

"Femmes indésirables" dans certains lieux publics : "des pratiques intolérables", selon Axelle Lemaire
La terrasse d'un café à Paris (photo d'illustration). La diffusion d'un reportage de France 2 sur les femmes devenues "indésirables" dans certains quartiers suscite une avalanche de réactions.

Orange avec AFP, publié le vendredi 09 décembre 2016 à 15h45

Le reportage diffusé mercredi dans le "20 Heures" de France 2, titré "Quand les femmes deviennent indésirables dans les lieux publics", provoque une avalanche de réactions. L'équipe du JT a suivi deux militantes de la "Brigade des mères", Nadia Remadna et Aziza Sayah, qui défendent la liberté des femmes dans les quartiers populaires.



En caméra cachée, elles se rendent à Sevran (Seine-Saint-Denis), dans un café dont la clientèle est 100% masculine. Certains hommes fréquentant l'établissement affichent ouvertement leur hostilité : "Dans ce café, il n'y a pas de mixité", assène l'un d'entre eux. "C'est normal ?", questionne l'une des deux femmes. "T'es pas à Paris ! Ici c'est une mentalité différente, c'est comme au bled", lui répond un client, le visage flouté. Interviewées, les deux militantes évoquent une dérive religieuse de certains hommes dans les quartiers populaires, qui se servent de l'islam "comme du code pénal", pour dicter leur loi.
Le problème ne serait pas seulement francilien. Le reportage se poursuit à Rillieux-la-Pape, dans la banlieue de Lyon (Rhône), où la plupart des femmes auraient peur de se promener dans la rue.

► "Rappeler à tous le contenu de la loi"

Depuis sa diffusion, le sujet a été très commenté et partagé, notamment sur les réseaux sociaux. Dernière réaction en date : celle d'Axelle Lemaire. "C'est une discrimination à l'égard des femmes", juge la secrétaire d'État chargée du Numérique et de l'Innovation, qui était invitée sur RTL vendredi 9 décembre. Elle a averti que, si les faits sont avérés, "bien sûr, à ce moment-là, les propriétaires du café peuvent tout à fait être poursuivis". "Il faut faire comprendre à l'ensemble de nos concitoyens que ce sont effectivement des pratiques intolérables", a-t-elle souligné.

Alors que certains dénoncent un reportage caricatural, la ministre reconnaît : "Il faut croire que ça existe en France puisque la preuve en a été apportée. Mais ce qui existe aussi en France, c'est la loi (...) Ce qui est très important, c'est de rappeler à tous le contenu de la loi", estime Axelle Lemaire. Et de citer le code pénal et l'article 14 de la Convention européenne des droits de l'homme : "La jouissance des droits et libertés doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques...". "Il faut réaffirmer l'application des textes de loi dans notre pays : l'interdiction de discriminer les femmes", a martelé la ministre sur RTL.

Quant aux accusations concernant une vision orientée du sujet, la journaliste s'est défendue sur France TV Info. "J'espère que je n'ai pas été caricaturale. Je n'ai pas pointé du doigt, j'ai posé les choses. À chacun de se faire son idée. Je ne regarde pas les choses avec une orientation politique, mais il fallait dire 'Attention, regardez le sort de ces femmes'", a expliqué Carole Sinz.

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