Féminicide Mérignac: un rapport de l'IGPN confirme des fautes de policiers

Féminicide Mérignac: un rapport de l'IGPN confirme des fautes de policiers
Des fleurs sont déposées le 5 mai 2021 à Mérignac, près de Bordeaux, à l'endroit où une femme de 31 ans a été brûlée vive par son mari

publié le lundi 27 septembre 2021 à 21h00

Un rapport de l'IGPN, la "police des polices", remis au patron de la police nationale, confirme que des fautes ou erreurs d'appréciation ont été commises par plusieurs agents dans le cadre du féminicide de Mérignac (Gironde), a-t-on appris lundi de source proche du dossier confirmant une information de France Inter.

Ce rapport avait été commandé à l'IGPN après qu'une mission d'inspection a mis au jour une série de défaillances qui n'ont pas permis d'empêcher le meurtre particulièrement effroyable de Chahinez Daoud par son mari en mai dernier à Mérignac.

L'IGPN a remis au directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, son rapport qui conclut à des fautes ou des erreurs d'appréciation de la part de plusieurs agents.

M. Veaux peut désormais convoquer un Conseil de discipline qui devra prendre des sanctions contre les agents concernés.

le 4 mai, Chahinez Daoud avait été blessée par balle avant d'être immolée par le feu dans la rue par son mari violent dont elle était séparée. Condamné pour des faits de violences conjugales, ce dernier, qui venait de sortir de prison, avait de nouveau menacé son épouse. 

Début septembre, un conseil de discipline s'est réuni à Bordeaux pour examiner le cas du policier, condamné pour violences conjugales, qui avait recueilli la plainte de Chahinez contre son mari, deux mois avant qu'elle ne soit assassinée.

Ce conseil a proposé une sanction de deux ans d'exclusion dont un ferme contre ce policier, pour les faits de violences conjugales.

"Cela va aboutir à des sanctions disciplinaires, symboliques, cosmétiques, pour calmer l'opinion en période électorale. Ces policiers ne seront pas présentés devant un tribunal correctionnel", a commenté Pierre Farge, fondateur de Avocat-stop-féminicide, un collectif d'avocats qui viennent en aide bénévolement à des femmes battues et les aident à porter plainte.

"Un commissaire est en mesure de connaître le casier judiciaire de ses équipes et cela relève de sa responsabilité personnelle", explique l'avocat pénaliste à l'AFP. 

"Il faudrait au moins que ce cas malheureux permette d'améliorer la coordination des services policiers et judiciaires: le service de probation qui suivait le mari sorti de prison n'était pas au courant que l'épouse avait déposé plainte pour des faits de violence conjugale", a indiqué Me Farge à l'AFP, regrettant le manque de moyens dont disposent la police et la justice.

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