Féminicide de Mérignac : le mari récidiviste mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire

Féminicide de Mérignac : le mari récidiviste mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire
Une femme dépose des fleurs à la mémoire de Chahinez, tuée par son conjoint le 4 mai 2021 à Mérignac, près de Bordeaux.

publié le vendredi 07 mai 2021 à 13h00

Mounir B., 44 ans, est accusé d'avoir tué sa femme Chahinez, âgée de 31 ans et mère de trois enfants. Il avait déjà été condamné en juin 2020 à 18 mois de prison dont neuf avec sursis pour "violences volontaires par conjoint" en récidive, sur la même victime.

Accusé d'avoir immolé sa femme Chahinez par le feu mardi 4 mai à Mérignac près de Bordeaux, Mounir B., mari violent et récidiviste, a été mis en examen par le parquet de Bordeaux et placé en détention provisoire pour "homicide volontaire par conjoint, destruction volontaire par incendie" et "violences volontaires sans ITT avec arme en récidive légale".

Ce dernier chef d'accusation est lié aux menaces faites à l'encontre d'un voisin qui tentait de porter secours à la victime, a précisé le parquet.



Mardi vers 18 heures, l'homme, âgé de 44 ans et déjà emprisonné pour violences conjugales en 2020, a poursuivi sa femme, qu'il guettait depuis le matin, dans une rue tranquille de Mérignac. Il lui a tiré plusieurs coups de feu dans les jambes puis l'a aspergée d'un liquide inflammable alors qu'elle était encore en vie et l'a immolée par le feu. Le suspect a ensuite mis le feu au domicile de la victime, âgée de 31 ans et mère de trois enfants. Il a été interpellé une demi-heure plus tard et placé en garde à vue.

Les ministères de la Justice et de l'Intérieur ont déclenché une mission d'inspection qui devra notamment étudier les conditions de remise en liberté et le suivi de l'homme qui purgeait une peine de prison avec sursis. Le 25 juin 2020 à Bordeaux, Mounir B. avait en effet été condamné à 18 mois de prison dont neuf avec sursis pour "violences volontaires par conjoint" en récidive, sur la même victime.

L'homme à la double nationalité franco-algérienne avait obtenu à compter du 5 octobre une mesure de placement extérieur spécifique pour les auteurs de violences conjugales. Libéré le 9 décembre 2020, "il était depuis suivi par le service pénitentiaire d'insertion et de probation de la Gironde", avait détaillé le parquet mercredi soir, soulignant que cette mesure "comprenait notamment une obligation de soins, l'interdiction d'entrer en contact avec la victime et l'interdiction de paraître à son domicile". Il s'est rendu aux quatre convocations du conseiller d'insertion et de probation mais avait admis avoir contacté son épouse malgré les interdictions, a détaillé la procureure.

A la mi-mars, Chahinez avait porté plainte au commissariat de Mérignac contre son conjoint pour une nouvelle agression. Mais l'homme, recherché par la police, était resté "introuvable". Ce sont les suites apportées à cette plainte qui seront notamment examinées par la mission d'inspection.

Par ailleurs, la ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, a appelé jeudi "tous les juges de France" à considérer les violences conjugales "comme des priorités au sein des tribunaux" pour "éviter" des drames tels que celui-là. "J'ai envie de lancer un appel à tous les juges de France, qui ont compris combien ces drames intrafamiliaux étaient graves, pour leur dire de considérer toutes ces violences conjugales comme des priorités au sein de leurs tribunaux", a-t-elle déclaré sur RTL.

Pour la ministre, qui a dénoncé un "acte barbare", "il y a une prise de conscience très importante" au sujet des violences conjugales en France mais il faut poursuivre ce "changement culturel dans toute la société". "Je sais le rôle des forces de l'ordre et de la justice pour faire bouger les lignes. Je les interpelle car c'est ensemble que nous enrayerons ce fléau", a-t-elle poursuivi, jugeant que "l'arsenal judiciaire et les dispositifs existent" et qu'il "faut tout faire pour éviter ces drames".

Elisabeth Moreno a également affirmé que "tout était mis en oeuvre" pour que le 3919, numéro d'appel anonyme et gratuit pour les femmes victimes de violences, soit disponible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 "à la fin du mois de juin".
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.