Féminicide de Julie Douib : le beau-frère de l'accusé, mis en examen pour destruction de preuve, nie avoir vu l'arme

Féminicide de Julie Douib : le beau-frère de l'accusé, mis en examen pour destruction de preuve, nie avoir vu l'arme
Violette, la mère de Julie Douib, touche le portrait de sa fille le 10 juin 2021.

publié le lundi 14 juin 2021 à 19h34

Les enfants de Julie Douib et de son ex-compagnon avaient indiqué lors de l'enquête avoir vu leur père "montrer à leur tonton Christophe" le pistolet avec silencieux, la veille des faits.

Christophe Colin, le beau-frère de l'homme jugé à Bastia pour l'assassinat de son ex-compagne Julie Douib en 2019, a nié ce lundi 14 juin avoir vu l'accusé avec une arme. Il est mis en examen pour destruction de preuve.



Les enfants de Julie Douib et de son ex-compagnon, Bruno Garcia-Cruciani, avaient indiqué lors de l'enquête avoir vu leur père "montrer à leur tonton Christophe" le pistolet avec silencieux, la veille des faits, dans le jardin paternel à l'Ile Rousse, en Haute-Corse, a rappelé leur avocate.

"Je n'ai pas vu d'arme.

Je ne l'ai pas vu tirer avec l'arme", a répété à plusieurs reprises Christophe Colin, précisant, paradoxalement, ne pas "remettre en cause les déclarations des enfants".

Il a expliqué avoir craint alors que Bruno Garcia-Cruciani n'en vienne "aux mains", avec le professeur de gym qui entretenait une relation avec Julie Douib, l'accusé lui ayant expliqué que cette aventure de son ex-compagne le mettait "en colère".

"Je lui ai dit 'ne fais pas l'imbécile, des femmes il y en a, tu as eu la garde de tes enfants, c'est le plus important", a-t-il raconté à la barre, ajoutant que l'accusé était "fermé" et que c'était quelqu'un qui "ne parle pas" mais qu'il ne le connaissait pas bien.

"Jamais je ne me suis imaginé ça", a-t-il assuré à la cour d'assises.

Le verdict est attendu mercredi

"La tata de cœur" de Bruno Garcia-Cruciani a, quant à elle, raconté à la barre l'"enfance très dure" de l'accusé qu'elle a hébergé pendant six mois à cause de violences paternelles.

"Quand vous avez votre père qui vous poursuit dans la maison avec le fusil, si c'est pas de la violence", a-t-elle déclaré. Le père de l'accusé a été assassiné en 2009.

Appelée ensuite à la barre, Nadine Garcia, la sœur ainée de Bruno Garcia-Cruciani, a regretté cette "tragédie". Elle a décrit "une enfance normale" qui ne "l'a pas traumatisée", précisant néanmoins que le divorce de ses parents avait été "un peu compliqué".

Le verdict est attendu mercredi. L'accusé encourt la réclusion à perpétuité.

Le meurtre de Julie Douib, dont l'accusé était séparé depuis quelques mois et avec qui il avait eu deux fils, avait suscité une vague d'indignation en France, entraînant l'organisation par le gouvernement d'un sommet sur les violences faites aux femmes.

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