Féminicide de Julie Douib: l'accusé "assume" mais nie toute préméditation

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Jean Sabastien de Casalta (d) avocat de la famille Douib s'entretient avec son collègue  Camille Radot, avocat de l'accusé, au tribunal à Bastia, le 10 juin 2021
Jean Sabastien de Casalta (d) avocat de la famille Douib s'entretient avec son collègue Camille Radot, avocat de l'accusé, au tribunal à Bastia, le 10 juin 2021
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© AFP, Pascal POCHARD-CASABIANCA

publié le vendredi 11 juin 2021 à 17h32

Bruno Garcia-Cruciani, jugé depuis jeudi pour l'assassinat de Julie Douib en mars 2019 à l'Ile-Rousse, a nié vendredi s'être rendu au domicile de son ex-compagne dans le but de la tuer, tout en disant "assume(r) ce qui s'(était) passé".

"Je ne suis pas monté pour ça, (...) j'assume ce qui s'est passé, je vais prendre une peine pour ça. Mais je ne suis pas monté un dimanche matin, avec mes enfants, chez moi, ma famille, mes amis, pour ça", a-t-il déclaré, les mains dans le dos, depuis le box des assises de Bastia, évoquant le meurtre de la jeune femme, mère de ses deux fils.

"On va assumer les choses, je n'ai pas besoin de mentir", a-t-il également répété à plusieurs reprises lors de son interrogatoire.

"Quand vous avez tiré vous avez pensé à quelque chose d'autre qu'à vous-même?", lui demande l'avocate générale. 

"A mes enfants", répond Bruno Garcia-Cruciani.

"Quand vous avez tiré sur la mère de vos enfants, vous avez pensé à vos enfants?", s'étonne alors la magistrate.

Revenant sur le déroulé des faits, il a décrit instants par instants les moments qui ont précédé la mort de Julie Douib.

"Julie Douib m'a ouvert, j'avais l'arme sur moi, je suis entré, elle a reculé quand elle a vu l'arme", se rappelle-t-il, ajoutant avoir ensuite évoqué avec elle ses relations avec son nouvel ami.

"Elle est allée dans la chambre, mon silencieux est tombé, elle m'a demandé +C'est quoi ça?+, elle a saisi le canon de mon arme, ça a tiré, c'est après que j'ai vu le sang, pour moi je ne l'avais pas touché", poursuit-il.

Sur la suite des événements, et notamment les deux autres tirs confirmés par l'enquête, il répète: "C'est allé très vite, je peux pas vous dire".

Le meurtre de Julie Douib, dont l'accusé était séparé depuis quelques mois et avec qui il avait eu deux fils, avait suscité une vague d'indignation en France, entraînant l'organisation par le gouvernement d'un sommet sur les violences faites aux femmes.

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