Féminicide dans le Bas-Rhin : le délai d'intervention des gendarmes a été normal, selon une porte-parole

Féminicide dans le Bas-Rhin : le délai d'intervention des gendarmes a été normal, selon une porte-parole
Un gendarme à Arras, le 9 janvier 2014.

, publié le mercredi 13 novembre 2019 à 14h59

Les gendarmes ont-ils sous-estimé l'urgence ? La fille de la victime n'a-t-elle pas clairement exprimé le danger dans lequel se trouvait sa mère ?

Mis en cause par la famille de la femme tuée par son compagnon, dimanche dans le Bas-Rhin, le délai d'intervention des gendarmes a pourtant été normal, a estimé sur franceinfo mardi 12 novembre la porte-parole de la gendarmerie nationale, Maddy Scheurer.

"Quinze à vingt minutes sur un délai d'intervention de nuit est quelque chose de récurrent et d'assez régulier", a-t-elle assuré, écartant les accusations de "retard". Des accusations portées par la fille de la victime.

"J'ai entendu crier (au téléphone), je suis partie dans ma voiture, a expliqué Stella Guitton à France Bleu. J'ai téléphoné à la gendarmerie qui m'a dit 'on arrive'. J'habite à Bischwiller, la gendarmerie est à Bischwiller. J'ai mis trois minutes à venir jusqu'à chez ma mère. Eux n'étaient pas là avant quinze, voire trente minutes."


Selon Maddy Scheurer, il a fallu "une vingtaine de minutes à la patrouille pour être sur place et pour ensuite estimer l'intervention qu'elle devait faire sur site, et la dangerosité de l'auteur qui était présent sur place." Par ailleurs, les gendarmes avaient reçu beaucoup d'appels ce soir-là, a-t-elle dit, pouvant expliquer le temps d'intervention rallongé. "Les sollicitations sont priorisées au niveau du centre opérationnel de la gendarmerie qui ensuite envoie les patrouilles aux différentes adresses", selon la porte-parole.

Les gendarmes ont-ils sous-estimé l'urgence ? La fille de la victime n'a-t-elle pas clairement exprimé le danger dans lequel se trouvait sa mère ? "L'enquête est en cours", a tranché Mme Scheurer, qui a également rappelé que les gendarmes ne sont pas soumis à un "délai légal" d'intervention.

Le suspect, un homme de 58 ans, est soupçonné d'avoir tué sa compagne de 40 ans de plusieurs coups de couteaux au thorax et au cou à Bischwiller, dans le Bas-Rhin. Déféré mardi à l'issue de sa garde à vue débutée dimanche, il a été mis en examen pour "meurtre sur conjoint" et placé en détention provisoire, a indiqué le parquet.

La gendarmerie nationale a annoncé mardi avoir demandé à son inspection générale, l'IGGN, "un audit sur l'ensemble de l'intervention" des gendarmes.
 

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