Féminicide au Havre: 800 personnes rassemblées, le suspect écroué

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La mère de Johanna, femme victime d'un féminicide, lors d'un rassemblement contre les féminicides au Havre, le 18 septembre 2019
La mère de Johanna, femme victime d'un féminicide, lors d'un rassemblement contre les féminicides au Havre, le 18 septembre 2019
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© AFP, LOU BENOIST

AFP, publié le mercredi 18 septembre 2019 à 20h00

Environ 800 personnes selon la police se sont rassemblées mercredi au Havre pour demander "justice" pour "Johanna", femme de 27 ans tuée devant ses trois enfants lundi dans cette ville par son conjoint qui a été mis en examen et écroué.

"Brisons le silence", "Stop aux féminicides", "Stop à la violence", pouvait-on lire sur des pancartes dans le cortège. Nombre de manifestants scandaient "Justice, Johanna", a constaté une photographe de l'AFP.

Sur les quelque 800 personnes qui se sont rassemblées devant la mairie, environ 600 ont défilé dans les rues du Havre, selon la police.

Le cortège était composé à 70% de femmes et d'enfants, selon la même source.

L'homme de 37 ans, qui a poignardé cette femme devant leurs enfants de deux, quatre et six ans au sortir d'une grande surface, a été mis en examen et placé en détention provisoire mercredi en fin d'après-midi. "Il a maintenu sa reconnaissance des faits", a indiqué le parquet dans un communiqué transmis à la presse, précisant qu'une information judiciaire a été ouverte du chef de meurtre par conjoint.

"Les trois enfants ont fait l'objet d'une ordonnance de placement provisoire et dans ce cadre confiés à un membre de la famille. Conformément à la loi, à la suite de cette décision provisoire, le juge des enfants sera saisi au titre de l'assistance éducative", a expliqué le procureur du Havre François Gosselin.

Interpellé peu après les faits, l'homme, qui a porté 14 coups de couteaux à sa conjointe, a dit avoir agi par crainte que la victime ne le prive de ses fils, selon le parquet.

Le 11 août, la victime avait déjà porté plainte. La police était alors intervenue au domicile du couple, que "la jeune femme disait avoir quitté en passant par la fenêtre de l'appartement (...) ayant été menacée par son compagnon à l'aide d'un couteau ainsi que d'étouffement avec un sac en plastique". Le conjoint avait alors été interpellé puis relâché. "Dans cette première affaire, c'était parole contre parole", avait précisé le procureur François Gosselin.

La femme avait depuis quitté le domicile commun pour s'installer dans un foyer et "les enfants étaient pris en charge tour à tour par chacun des parents" dans l'attente d'un jugement sur leur garde. C'est alors que la victime allait chercher ses enfants que son conjoint, sans condamnation judiciaire antérieure, l'a poignardée.

En 2018, le ministère de l'Intérieur avait recensé 121 féminicides.

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