Faut-il ouvrir la PMA à toutes les femmes ?

Faut-il ouvrir la PMA à toutes les femmes ?
Il faut élargir la PMA pour répondre à une "souffrance", juge le Comité d'éthique (illustration).

Orange avec AFP, publié le mercredi 26 septembre 2018 à 07h00

Le Comité d'éthique a ouvert la voie à l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules en réaffirmant mardi 25 septembre qu'il y était favorable, quelques semaines avant le début du processus législatif.

L'impossibilité d'avoir un enfant est "une souffrance" qui "doit être prise en compte", même si les raisons ne sont pas biologiques, a réaffirmé mardi 25 septembre le Comité d'éthique. Très attendu, son avis n'était pourtant pas entouré d'un grand suspense : cet organisme consultatif s'était déjà prononcé en 2017 pour l'extension de la PMA, à laquelle est favorable le président Macron.

Mais le timing est important puisque le processus politique va bientôt s'enclencher.

L'avis publié mardi doit nourrir les discussions parlementaires sur la prochaine révision de la loi de bioéthique. Le gouvernement a prévu de présenter avant la fin de l'année un projet de loi qui sera débattu par le Parlement début 2019.

La PMA, un sujet politique ?

La Manif pour tous, mouvement qui avait mené bataille contre l'ouverture du mariage aux couples de même sexe en 2013, a dénoncé un avis "qui n'est pas éthique mais politique". En cas d'élargissement de la PMA, "il y aura des manifestations très importantes parce qu'on touche au droit de l'enfant", a affirmé sa présidente, Ludovine de la Rochère. Des rassemblements ont en effet eu lieu en début de soirée à Paris, Lyon et Nantes.

À l'inverse, la présidente de l'association GayLib, Catherine Michaud, souhaite qu'on "légifère sans tarder". "Le gouvernement et le président de la République ont toutes les cartes en main pour qu'on avance", a-t-elle dit à l'AFP. "La PMA n'est plus un sujet de bioéthique, c'est un sujet de courage et de volonté politique".

Qu'en pensent les politiques ?

Tous les politiques ne sont justement pas d'accord sur la question. Si, "à de rares exceptions près", les députés de La République en marche (LREM), largement majoritaires à l'Assemblée nationale, sont "favorables" à l'ouverture de la PMA pour toutes les femmes, dixit le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, ce n'est pas le cas des Républicains (LR) et de l'UDI.



"Nous avons toujours été opposés à l'élargissement de la procréation médicalement assistée. Elle doit être une réponse aux situations d'infertilité", a déclaré en conférence de presse le patron du groupe LR Christian Jacob, qui a précisé toutefois "attendre le texte" du gouvernement. De son côté, Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI et co-président des députés UDI-Agir, a déclaré qu'"une grande majorité du groupe est opposée à l'extension de la PMA" car "c'est un acte médical et le gouvernement veut le transformer en un acte social". Avec une telle généralisation, "cela posera la question pour les couples homosexuels masculins et les hommes seuls", d'après lui.

À l'inverse, les députés communistes y sont très favorables "depuis de nombreuses années" et souhaitent que le débat arrive "le plus vite possible", selon une de leur porte-parole, Elsa Faucillon.

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