Fac de droit de Montpellier: syndicats et LDH pas satisfaits du rapport du ministère

Fac de droit de Montpellier: syndicats et LDH pas satisfaits  du rapport du ministère
Des manifestants protestent le 3 avril 2018 après les incidents survenus le 22 mars à la faculté de droit de Montpellier

AFP, publié le vendredi 01 juin 2018 à 17h28

L'intersyndicale de l'université de Montpellier, la LDH et l'avocat de 8 victimes ont fait part de leur déception vendredi après la publication d'un rapport administratif sur les incidents survenus en mars à la faculté de droit.

Ils ont appelé à identifier les membres du commando qui avait brutalement chassé des étudiants occupants un amphithéâtre.

Le rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale et de la Recherche (IGAENR), rendu public lundi, "jette en pâture deux personnes qui ne pouvaient être sauvées, mais c'est pour mieux mettre le reste de la poussière sous le tapis", a accusé Denis Orcel, de Sud Education lors d'une conférence de presse. "Ce que l'on veut c'est que toute la lumière soit faite sur cette affaire et on trouve que ça traîne", martèle le syndicaliste. 

Le rapport administratif se focalise sur les responsabilités de l'ex-doyen Philippe Pétel et du professeur de droit Jean-Luc Coronel. Les deux hommes sont également mis en examen dans le cadre de l'enquête judiciaire sur l'intrusion dans la nuit du 22 au 23 mars d'un commando cagoulé et armé de bâtons et de tasers dans un amphithéâtre occupé par des opposants à la loi Vidal sur l'accès à l'université.

Jean-Louis Demersseman, avocat de huit des victimes âgées de 18 à 25 ans, a pour sa part dénoncé une "absence de volonté d'enquêter" et de se saisir des éléments de vidéos et des témoignages aussi bien dans l'enquête administrative que dans le volet judiciaire, entre les mains d'un juge d'instruction. "Comment est-il possible deux mois et demi après les faits qu'aucune autre personne n'ait été sanctionnée, interpellée, mise en examen?".

Extraits de vidéos à l'appui, la présidente de la section héraultaise de la Ligue des droits de l'homme Sophie Mazas est quant à elle revenue sur le rôle supposé d'enseignants, de doctorants, d'étudiants, de personnels administratifs de la fac de droit cette nuit-là. 

"Aujourd'hui ces personnes sont encore en poste devant leurs étudiants et c'est une honte, ces gens souillent l'institution", s'est indigné Yann Leredde, maître de conférence et représentant du Snesup-FSU. 

Les syndicalistes présents ont également dénoncé certaines formulations du rapport qui "criminalisent l'action syndicale", notamment le fait que le rôle de M. Leredde dans la demande de mise à disposition de l'amphithéâtre soit pointé du doigt. 

Lundi, le président de l'Université a saisi la section disciplinaire à l'encontre de Philippe Pétel et de Jean-Luc Coronel.

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