Exfiltration de Kaboul : un Afghan rapatrié soupçonné de liens avec les talibans

Exfiltration de Kaboul : un Afghan rapatrié soupçonné de liens avec les talibans
Des exfiltrés de Kaboul, en transit aux Emirats arabes unis, le 20 août 2021.

publié le lundi 23 août 2021 à 18h10

Le ministre de l'Intérieur a fait savoir que quatre autres personnes, proches du suspect, avaient aussi été placées sous surveillance.

Si les Forces spéciales ont été déployées à Kaboul pour assurer le retour à Paris des Français et des Afghans menacés en raison de leur aide apportée à la France, les services de renseignement continuent eux aussi à enquêter dans l'ombre.


Un Afghan rapatrié en France, présumé proche des talibans par les autorités françaises, a ainsi été placé sous surveillance ainsi que quatre autres rapatriés proches de lui, a appris lundi l'AFP auprès du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Ces cinq hommes ont fait l'objet d'une "mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance" (Micas), prévue dans le cadre des lois antiterroristes.

L'homme a particulièrement retenu l'attention des autorités: "même si cette personne a très largement aidé à l'évacuation de l'ambassade de France, nous pensons qu'il peut être lié aux talibans", a expliqué le ministre à l'AFP.

Selon l'arrêté pris par le ministre et consulté par l'AFP, cet homme a admis son appartenance au mouvement et reconnu avoir porté des armes en tant que responsable d'un barrage taliban à Kaboul.

"Difficultés pour mener des enquêtes sur place"

"Devant les difficultés extrêmement fortes de pouvoir faire des enquête de sécurité sur les personnes devant être rapatriées", les autorités françaises "ont accepté d'embarquer cette personne et sa famille", a ajouté le ministre. À l'arrivé du vol à Abu Dhabi, la Direction générale de la surveillance intérieure (DGSI) "a fait le travail qu'elle n'avait pas pu faire à Kaboul" en menant des entretiens de sécurité, a-t-il expliqué.

À son arrivé en France ce week-end, il s'est vu notifier la Micas, tout comme trois de ses proches "pour l'heure non directement soupçonnés". Quant au cinquième homme, "on a vu après une enquête DGSI qu'il avait des liens avec ces personnes bien qu'étant venu séparément", a détaillé le ministre. 

Les cinq sont sous "surveillance de la DGSI" et font l'objet de mesures de "restriction de liberté", a-t-il précisé. "Je n'ai pas eu d'autres remontées de la DGSI" quant à d'autres ressortissants pouvant être concernés par de telles mesures, a-t-il ajouté. "Cependant nous sommes extrêmement attentifs". 
 

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