"Ex Anima", l'ultime souffle de Zingaro, un hommage au cheval

"Ex Anima", l'ultime souffle de Zingaro, un hommage au cheval

Le fondateur de la troupe Zingaro, Bartabas le 13 juillet 1991 à Avignon

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AFP, publié le lundi 23 octobre 2017 à 09h59

Angelo, Noureev, Bamako... les chevaux de la troupe Zingaro sont les seuls acteurs du dernier spectacle équestre de Bartabas, "Ex Anima", au Théâtre Equestre à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), comme un ultime hommage pour clore une aventure de plus de 30 ans.

"Comme un souffle de l'âme, un cheval hennit quelque part, jusqu'à la fin du monde (...) pour cette ultime création, je souhaiterai les célébrer comme les acteurs véritables de ce Théâtre Equestre" si original... montrer un rituel sans mémoire, une cérémonie ou le spectateur se surprendra à voir l'animal comme le miroir de l'humanité", commente Bartabas dans le dossier de presse.

Le jour se lève dans la brume, au centre de la piste les criollos argentins: Bombita, El Soro, Manolete et ses onze compagnons de box s'éveillent. Certains se couchent au ralenti avec grâce, se roulent sur le dos les quatre fers en l'air, d'autres se mordillent le garrot, en signe de reconnaissance comme ils le font à l'état sauvage dans leur milieu naturel. 

Pas de passage, ni de pas espagnol ou autres figures imposées de haute école, ni même de voltige pour les chevaux acteurs qui jouent leur propre rôle, à l'instar de Magestic et Noureev, des pur sang arabe à la robe blanche immaculée, de Van Gogh, un lusitanien né avec une seule oreille et du puissant étalon frison Lucifer.

Aux sons des flûtes de Chine, d'Irlande, d'Inde et du Japon, les chevaux emmènent le spectateur au plus près de ce qu'ils sont, laissant exprimer leur animalité dans des cavalcades et des moments de tendresse complice.

Les cavaliers sont absents. Les artistes de la compagnie ne sont que des ombres. Vêtus d'habits sombres, au service des chevaux, ils les guident presque invisibles au bord de la scène.

- "C'est un achèvement" -

"N'être plus qu'une présence en retrait, devenir des montreurs de chevaux et avec eux, défricher des terres nouvelles...", explique l'écuyer qui a choisi cette fois de donner la parole aux seuls équidés, aux dépens de la fusion homme-cheval qui a longtemps été sa marque de fabrique.

Pas de prouesses équestres mais de l'émotion, une ode au souffle du cheval. Le public lui retient le sien quand le solide et majestueux Angelo, irish cob prend son envol. On sourit aussi des facéties de l'âne Bambin et de la mule Kimono 2, couple d'artistes complice.

Pionnier d'une expression artistique inédite mêlant art équestre, musiques, danse et comédie, Bartabas a créé en 1984 le Théâtre Equestre Zingaro qu'il a installé au fort d'Aubervilliers en 1989. Dans ce lieu insolite à la structure en bois, le public découvre les chevaux dans leurs boxes grillagés avant de prendre place dans le théâtre dans la pénombre.

Il peut aussi dîner après le spectacle dans une salle où sont exposés de nombreux vestiges des décors des créations précédentes, Chimère, Eclipse, Triptyl, Darshan ou Calacas. Tous ces spectacles ont triomphé à Paris mais aussi à New York, Tokyo, Istanbul, Hong-Kong, Moscou et Mexico. 

Ex Anima marque la fin de l'aventure Zingaro. "Si le spectacle fonctionne comme je l'espère, que puis-je faire après? Je vois bien, sans le vouloir vraiment que c'est un achèvement", écrit Bartabas. 

 
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