Etudiante en jupe agressée à Strasbourg : après l'émoi, le doute grandit dans l'enquête

Etudiante en jupe agressée à Strasbourg : après l'émoi, le doute grandit dans l'enquête
(illustration)

, publié le jeudi 08 octobre 2020 à 10h35

Le témoignage de la jeune femme, qui disait avoir été frappée pour avoir porté une jupe, avait suscité une vague d'indignation à l'échelle nationale. Désormais, les interrogations se multiplient quant à la réalité des faits.

"L'affaire" avait fait réagir jusque dans les rangs du gouvernement.

L'enquête sur l'agression à Strasbourg d'une étudiante qui dit avoir été frappée car elle portait une jupe "piétine" en raison des déclarations évasives de la jeune femme et des images de vidéosurveillance ne montrant aucune agression, a-t-on appris mercredi 7 octobre de source proche du dossier. L'enquête, qui est "classée prioritaire", est toujours "en cours" mais les investigations "piétinent énormément", a indiqué cette source.


Membre du groupe Facebook Stras Défense, collectif qui se présente comme apolitique et lutte contre le harcèlement de rue, l'étudiante a été entendue "deux fois" par les enquêteurs mais ses déclarations ont été évasives, a-t-on ajouté. Par ailleurs, l'exploitation des images de vidéosurveillance du secteur au moment où l'agression est supposée s'être produite ne donne "rien", a-t-on ajouté, confirmant une information de BFMTV.

Son téléphone "borne" à domicile au moment des faits

Selon la chaîne, les enquêteurs ont épluché plus de 40 heures de vidéos captées par 26 caméras de surveillance, sans trouvé trace de l'agression. Le quotidien régional Les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA) affirme pour sa part que ni l'étudiante ni ses supposés agresseurs tels qu'elle les a décrits n'apparaissent sur les enregistrements.

Autre zone d'ombre, selon les DNA : le téléphone mobile de la jeune femme aurait borné près de son domicile au moment de l'agression, ce qui indique que l'appareil était chez elle. Or, elle a indiqué aux enquêteurs qu'elle était en train de le consulter lorsqu'elle a été agressée, note le journal.

Où sont les témoins?

L'affaire, extrêmement médiatisée, avait éclaté le 22 septembre : dans une vidéo diffusée sur le site de France Bleu Alsace, la jeune femme, prénommée Élisabeth, l'oeil droit tuméfié, affirmait avoir été insultée et frappée au visage quatre jours auparavant, en début d'après-midi, par trois jeunes hommes lui reprochant de porter une jupe. Le trio avait ensuite pris la fuite, selon elle.

L'étudiante ajoutait qu'une quinzaine de témoins avaient assisté à la scène, qui s'était déroulée dans un endroit passant, en lisière du centre de Strasbourg, mais qu'aucun ne l'avait aidée ou n'avait appelé les secours. "Un appel à témoin a été lancé mais personne n'y a répondu", note toutefois la source proche du dossier, qui trouve cela "surprenant". L'affaire avait provoqué un tollé. Le lendemain, la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, était venue à Strasbourg pour annoncer le recrutement de 80 "intervenants sociaux" supplémentaires pour "renforcer l'accompagnement" des femmes victimes de "violences sexistes et sexuelles".

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