Eté maussade : Météo France s'est-elle trompée dans ses prévisions ?

Eté maussade : Météo France s'est-elle trompée dans ses prévisions ?
Paris, le 21 juin 2021.

publié le jeudi 05 août 2021 à 14h59

Critiquée sur ses prévisions de l'été, qui devait être chaud et sec, Météo France fait le point sur ses méthodes et explique que la France a subi des phénomènes locaux qui échappent aux modèles.

"Météo France prévoit un été très chaud", titrait Le Parisien le 2 mai, en se basant sur le bulletin de prévisions saisonnières de fin avril sur prévisionniste. Force est de constater en ce début août que ça n'a pas été le cas, excepté sur le littoral méditerranéen.

Pourquoi un tel décalage entre les prévisions et la réalité ? Face aux critiques, Météo France fait le point. 



"La prévision saisonnière consiste à prévoir la moyenne trimestrielle de paramètres météorologiques (température, précipitations) pour les mois à venir, à l'échelle d'une zone comme l'Europe de l'Ouest. Il ne s'agit pas de prévisions classiques (limitées à une dizaine de jours) décrivant dans le détail des situations météorologiques", explique le prévisionniste cette semaine. 



En plus "des modèles de physique globaux représentants l'ensemble de la planète", "la, prévision saisonnière s'appuie principalement sur l'influence des conditions océaniques sur la circulation atmosphérique à travers un nombre important de simulations", qui fait ressortir plusieurs scénarios. "Le scénario le plus probable ne se réalise pas systématiquement, le moins probable peut se réaliser. Sur le trimestre mai-juin-juillet pour les températures (il y avait) trois scénarios : plus chaud que la normale (50%) proche de la normale (40%) et frais (10%).Au final, une grande partie de la France est dans le scénario numéro 2", explique Météo France.

"Les performances des prévisions saisonnières sont variables selon le lieu, la saison et le paramètre météo concerné. Elles sont meilleures sur les régions tropicales qu'en Europe, pour la température que pour les précipitations, et pour la température meilleures en hiver qu'en été", souligne par ailleurs Météo France. 

"Il faut d'abord souligner que les prévisions saisonnières sont élaborées à l'échelle de l'Europe : la France n'est qu'une partie de ce grand ensemble", a insisté jeudi 6 août sur France Inter  Jean-Michel Soubeyrou, climatologue à Météo France . "Concernant les températures, elles sont plutôt médianes. Si les températures nationales sont dans la norme saisonnière, le pourtour méditerranéen, en particulier l'Algérie et le Maroc connaissent un épisode très chaud. Peut-être qu'après plusieurs étés anormalement chauds et secs, on a perdu la notion des températures normales", a-t-il souligné. 


"Les prévisions ne sont pas si fausses que cela en terme de circulation à grande échelle, mais la France a connu une récurrence de dépressions qui n'étaient pas prévues", a-t-il expliqué. "Ces phénomènes, qui se sont répétés, sont des 'gouttes froides', c'est-à-dire des petites dépressions qui se forment dans la partie sud d'une dépression plus grande et du fait des fortes pressions, elles restent bloquées au même endroit, le golfe de Gascogne". "Ces phénomènes de quelques centaines de kilomètres échappent aux modèles. Elles ne sont pas prévisibles", a-t-il ajouté.

Pourquoi alors continuer à réaliser des prévisions saisonnières à la fiabilité limitée ? "Les prévisions saisonnières sont utiles pour de nombreux professionnels dont l'activité est météo-dépendante et qui doivent prendre des décisions à des échéances de l'ordre de quelques mois. Associées à d'autres données, ces prévisions constituent un outil d'aide à la décision", assure Météo France. 

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