"Est-ce que le combat contre la violence faite aux femmes est toujours cause nationale ?" : une mère agressée témoigne de sa difficulté à porter plainte

"Est-ce que le combat contre la violence faite aux femmes est toujours cause nationale ?" : une mère agressée témoigne de sa difficulté à porter plainte
(Photo d'illustration)

, publié le dimanche 14 février 2021 à 12h51

Marlène Schiappa a réagi à l'appel à l'aide d'une mère qui a raconté sur les réseaux sociaux son agression avec son bébé et qui déplore ne pas pouvoir être reçu au commissariat dans des conditions convenables au vu de sa situation de jeune mère d'un enfant prématuré. "La préfecture est mobilisée", a assuré la ministre déléguée à la Citoyenneté.

"Aujourd'hui nous sommes en 2021, une femme avec son bébé malade, peut se faire frapper, et ne peut pas porter plainte".

Posté samedi 13 février sur les réseaux sociaux, le message d'Amélie Challeat a été partagé en masse. La jeune femme, mère de deux enfants, raconte comment un voisin l'a frappé mardi dernier parce qu'elle s'était garée un peu trop longtemps devant la porte de son immeuble alors qu'elle rentrait de l'hôpital avec son bébé prématuré et qu'il faisait très froid. 



"Un voisin, homme âgé, blanc, propriétaire, riche, n'a pas supporté que je laisse la voiture 5 min devant la porte de l'immeuble pour rentrer mon bébé en poussette dans l'immeuble par moins 5 degrés et de la neige partout. Dans le hall de l'immeuble il m'a hurlé dessus en me disant que je n'avais pas le droit de laisser la voiture, qu'il fallait que je la gare ailleurs. Je lui ai dit de nous laisser tranquille, qu'on en avait pour quelques minutes, qu'on revenait de l'hôpital, que j'avais appris la mort de ma mère la veille. J'ai continué à avancer pour rentrer chez moi. Cet homme a voulu m'empêcher de rentrer chez moi avec mon bébé et m'a frappé au visage. Il a envoyé son poing, de toutes ses forces, dans mon visage alors que je tenais la poussette de mon bébé. Je suis tombée par terre et j'ai perdu connaissance un bref instant", écrit Amélie sur Intagram, en publiant une photo de son visage tuméfié. 

"La police refuse de me donner rendez-vous"

Depuis, la jeune femme n'a pas pu porter plainte. "J'essaie d'obtenir un rendez vous pour ne pas attendre pendant 4h au commissariat de la Goutte d'or, avec ma fille, trop fragile pour le supporter. Aujourd'hui la police refuse de me donner un rendez vous et me dit que je dois me présenter et attendre comme tout le monde", déplore-t-elle. 

"Les policiers ont plutôt conseillé à Hamza de 'trouver une entente entre voisins'. Est ce que le combat contre la violence faite aux femmes est toujours cause nationale?", conclut-elle, en interpellant le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le président de la République Emmanuel Macron, la police nationale et la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa.

Un message auquel a répondu cette dernière samedi soir. "J'ai été alertée sur ce post en début d'après-midi, mon équipe a immédiatement pris contact avec la jeune maman. La préfecture est mobilisée à ma demande et recevra Amélie, si elle le souhaite, dès demain", a-t-elle expliqué sur Twitter.


Amélie a parallèlement précisé en "story" sur son compte Instagram qu'elle avait finalement obtenu un rendez-vous pour porter plainte lundi "sans attendre des heures au commissariat avec un bébé fragile en plein coronavirus", sans préciser si ça avait un quelconque rapport avec l'intervention de la ministre. "Je veux juste qu'on se rende compte que la violence faite aux femmes n'a pas lieu que dans les milieux défavorisés", a-t-elle insisté. 
 

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