Essonne : saisie de fausses poussettes "Yoyo" dangereuses

Essonne : saisie de fausses poussettes "Yoyo" dangereuses
Testées en laboratoire, les poussettes saisies se sont révélées particulièrement dangereuses (photo d'illustration).

, publié le mercredi 19 octobre 2016 à 14h40

Plus de 120 copies illégales de la poussette "Yoyo" ont été saisies par les douaniers de Chilly-Mazarin (Essonne) depuis début septembre. Ces contrefaçons présentent un cordon de réglage trop long avec lequel les enfants risquaient de s'étrangler.

"Ce sont des poussettes à la fois contrefaites et dangereuses", a expliqué Karine Boris-Treille, cheffe du pôle action économique de la direction des douanes de Paris-Ouest.

Ces fausses "Yoya" présentent notamment des "risques d'étranglement pour l'enfant", tandis qu'"un rivet a explosé lors de tests de roulage", a détaillé François Lacroix, du laboratoire des douanes. Les notices d'utilisation et de recommandation "sont toutes en chinois et ne sont pas traduites" et de nombreuses mentions comme "l'interdiction aux bébés de moins de six mois" sont absentes, a-t-il ajouté.

"TOUTES LES POUSSETTES SERONT DÉTRUITES"

La "Yoyo" - modèle français de haut de gamme conçu par la PME française Babyzen et fabriqué en Chine - est commercialisée depuis 2012. Elle se plie en bagage à main en quelques secondes. Son prix de base (châssis) est de 389 euros quand sa copie se brade autour de 200 euros. "À ce tarif, on peut avoir en France des poussettes de bien meilleure qualité qu'une fausse Yoyo", a observé le PDG de Babyzen Julien Chaudeurge. Écoulée à "près de 100.000 exemplaires" en France, la Yoyo "connaît un grand succès, ce qui explique qu'on ait voulu la copier", a expliqué le jeune patron. C'est grâce à un signalement du PDG de Babyzen en 2015 que les douanes ont commencé à cibler les colis porteurs de la marque Yoya.



Si les saisies ont attendu la rentrée des classes 2016, "c'est parce que des blogueuses françaises avaient fait la promotion de la Yoya sur leurs sites et les réseaux sociaux pendant l'été", a déclaré Julien Chaudeurge. Menacées de plaintes, elles ont retiré leurs articles. "Le consommateur est le premier acteur de la lutte contre la contrefaçon. Il doit prendre conscience du risque qu'il fait courir à son enfant", a insisté Karine Boris-Treille, précisant que "toutes les poussettes seraient détruites".

Si les marques sont habituellement plus frileuses pour rendre public les contrefaçons de leurs produits, Julien Chaudeurge a préféré "informer les mamans de ce qu'elles achètent" et "faire respecter un produit innovant qui a demandé beaucoup d'investissement". En 2015, sa société a dépensé 5% de son chiffre d'affaires en protection contre la contrefaçon et plus de 25 procès sont en attente de jugement en Chine.

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