Essonne: grève de sans-papiers employés par une filiale de la Poste

Essonne: grève de sans-papiers employés par une filiale de la Poste
Le logo de la Poste, en 2017

publié le lundi 15 novembre 2021 à 22h27

Plusieurs dizaines d'étrangers en situation irrégulière employés par DPD (livraison de colis) ou d'autres filiales de La Poste ont entamé lundi une grève au Coudray-Montceaux (Essonne), dans l'espoir d'être régularisés, a-t-on appris lundi auprès de syndicats.

Ils étaient une quarantaine à tenir le piquet de grève, selon les gendarmes, sollicités par l'AFP.

Les grévistes ont dénoncé par voie de communiqué une forme de "maltraitance (...) organisée par la Poste à travers une cascade de sous-traitance". Ils pointent notamment des erreurs sur les fiches de paie, des heures non rémunérées et des "conditions de travail inhumaines" selon eux avec "15 minutes pour le déchargement d'un camion".

"Aucun lien entre (les grévistes) et DPD France ne peut être avéré à ce stade", a réagi La Poste auprès de l'AFP. "DPD France condamne le recours au travail illégal et les sociétés partenaires avec lesquelles elle travaille régulièrement lui garantissent le respect de l'ensemble de leurs obligations vis-à-vis de la législation", a-t-elle ajouté.

La plateforme de tri où ces employés grévistes travaillent en Essonne, au sud de Paris, "est loin de tout", a commenté Christian Schweyer, membre du collectif des travailleurs sans-papiers de Vitry, auprès de l'AFP. "Certains sont obligés de marcher pendant une heure pour rallier Corbeil-Essonnes, puis prendre deux bus de nuit" pour rentrer chez eux.

L'entreprise d'intérim employant les grévistes devait les rencontrer dans la soirée, selon M. Schweyer.

Les sans-papiers exigent la régularisation de leur situation administrative. 

Pour Catherine Fayet, secrétaire du syndicat Solidaires 91, les responsabilités sont partagées: "La Poste et les boîtes d'intérim sous-traitent (...) une main-d'oeuvre qu'elles trouvent facilement et qu'elles peuvent exploiter".

Fin octobre, plus de 200 travailleurs sans-papiers avaient entamé un mouvement de grève coordonné par la CGT, sur au moins onze sites d'Île-de-France, pour obtenir leur régularisation.

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