Essonne : enquête ouverte après le suicide d'une jeune femme en direct sur Periscope

Essonne : enquête ouverte après le suicide d'une jeune femme en direct sur Periscope
L'application Periscope était déjà au cœur du scandale avec l'affaire Serge Aurier (Illustration)

Orange avec AFP, publié le mercredi 11 mai 2016 à 12h01

- Avant de se jeter sous un train de la ligne C du RER mardi, une jeune femme de 19 ans s'est filmée sur Periscope pendant une heure annonçant qu'elle préparait quelque chose. Selon les premiers éléments de l'enquête, elle aurait évoqué un viol et désigné son ex-compagnon comme son agresseur avant de se suicider.

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Après le scandale Serge Aurier, Periscope est à nouveau au centre de l'actualité. France Info révélait ce mercredi matin 11 mai que le parquet d'Evry a ouvert une enquête après le suicide d'une jeune femme diffusé en direct sur l'application devant des centaines de personnes connectées. Âgée de 19 ans, elle s'est jetée sous un train du RER C à Egly (Essonne) mardi 10 mai vers 16h30. Selon les enquêteurs, la jeune femme expliquait sur Periscope, avant de mettre fin à ses jours, avoir subi un viol et aurait donné le nom de l'auteur présumé.


"L'exploitation du téléphone et la récupération de la vidéo sont en cours", a-t-on précisé de source judiciaire à l'AFP par la suite. Selon les premiers éléments de l'enquête, la jeune femme "aurait évoqué un viol et désigné un agresseur" au cours de l'enregistrement, a ajouté cette source, qui reste très prudente sur la réalité de ces faits. "Nous avons été alertés vers 16h30 par un utilisateur de Periscope qui était connecté avec la victime et nous disait qu'elle n'allait pas bien", a-t-on appris auprès des gendarmes, qui n'ont pas pu empêcher le suicide.

SON EX-COMPAGNON MIS EN CAUSE ET AUDTIONNÉ

Avant de se suicider la jeune femme, s'est filmée dans son appartement pendant une heure, annonçant qu'elle préparait quelque chose. "Non, je ne cherche pas à faire le buzz. C'est le seul moyen de faire passer le message que je veux faire passer. (...) Tout le monde peut le voir. Je souhaite que la rediffusion reste. Ça sera très choquant" se justifie-t-elle sans pour autant parler de suicide. Après son passage à l'acte, après un long silence face caméra, s'affiche un écran noir avec en fond, difficilement audibles, les voix de secouristes venus récupérer le corps.

Quelques heures avant son passage à l'acte, la jeune femme, "au profil psychologique fragile selon ses proches", a envoyé un SMS à un ami de son ex-compagnon dans lequel elle évoque "des violences et un viol" que celui-ci lui aurait fait subir, a déclaré mercredi à la presse le procureur d'Evry Eric Lallement. "L'audition de cette personne est en cours", a-t-il précisé, ajoutant que l'enquête, confiée à la brigade de gendarmerie de Palaiseau, serait "réorientée" si les faits de violences et viol étaient avérés.

- Periscope au cœur des débats -

"Nous ne faisons pas de commentaires sur les comptes individuels", a réagi de son côté un porte-parole pour l'Europe de Twitter, propriétaire de l'application. Avec un smartphone et une bonne connexion, Periscope permet de diffuser gratuitement un flux vidéo en direct, relayé par un compte Twitter et visible par tous. La vidéo du live reste accessible pendant 24 heures puis disparaît. De nombreuses célébrités utilisent l'application pour communiquer sans filtre avec leurs fans. Mais ne l'utilisent pas toujours à bon escient. Récemment, le footballeur du PSG Serge Aurier avait fait polémique en insultant en direct son entraîneur Laurent Blanc. Des provocations qui lui avaient notamment valu une mise à pied.

Fin avril, l'application rachetée par Twitter en 2015 s'était encore retrouvée au cœur d'un fait-divers : deux jeunes avait agressé gratuitement un passant à Bordeaux et filmé la scène en direct. Mais Periscope n'est pas seulement synonyme de polémiques : de nombreux journalistes ou des manifestants lors de rassemblements, comme ceux de Nuit Debout et les protestations contre le projet de loi Travail, l'utilisent aussi.

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