Essonne : enquête ouverte après la mort suspecte d'un motard pendant garde à vue

Essonne : enquête ouverte après la mort suspecte d'un motard pendant garde à vue
Sa famille ne croit pas à la version officielle et pointe du doigt la responsabilité des policiers (photo d'illustration).
A lire aussi

Orange avec AFP, publié le mardi 15 août 2017 à 07h56

L'homme a été retrouvé pendu dans sa cellule le 3 juillet dernier, il est décédé à l'hôpital quelques jours plus tard.

Des zones d'ombre entourent la mort de Lucas M., père de famille de 34 ans, décédé pendant sa garde à vue au commissariat d'Arpajon, dans l'Essonne, révèle Mediapart.



Les faits remontent au 3 juillet dernier. Ce soir-là, à Brétigny-sur-Orge, un motard est interpellé pour avoir roulé à 155 km/h sur une route départementale.

Il refuse tout d'abord de s'arrêter lorsque les policiers tentent de l'arrêter. Il est finalement conduit au commissariat d'Arpajon, en Essonne, où il est placé en garde à vue.

C'est pendant cette garde à vue, alors que les policiers s'absentent pendant quinze minutes, que le motard se serait suicidé avec une paire de chaussettes de sport. Les pompiers du Samu sont immédiatement alertés. Le motard, transféré à l'hôpital ne se réveillera jamais de son coma. Il meurt cinq jours plus tard.

PLUSIEURS "INCOHÉRENCES"

Joint par franceinfo, l'avocat de la famille, Me Jean Tamalet, pointe "plusieurs incohérences" dans le dossier. "La première d'entre elles, c'est le principe même du passage à l'acte, qui est complètement incompatible avec la personnalité de Lucas", explique-t-il, décrivant "un homme épanoui, heureux, stable et équilibré".

Autre élément troublant, le médecin du Samu, évoque, dans son rapport, "un étranglement avec un lacet" et non avec des chaussettes. Or, lors de la restitution des effets personnels de la victime à sa famille, "il n'y avait qu'un lacet"', d'après l'avocat.

Enfin, un dernier élément vient jeter sur le trouble sur cette affaire : l'absence de vidéo-surveillance. Les caméras, qui auraient pu permettre de lever le voile sur cette affaire, étaient en effet en panne ce jour-là.

"Soit il y a eu un acte de coercition, un acte de violence, dans le cadre de l'arrestation, et cet acte de coercition a mal tourné", soit "les policiers l'ont laissé entrer dans cette cellule avec ses lacets [ce qui est interdit par la procédure], commettant là une faute dramatique", dénonce encore l'avocat de la famille sur France Info.

Ce dernier a porté plainte pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", "homicide involontaire par manquement à une obligation", altération de preuves", "faux en écriture publique" et "non assistance à personne en péril".

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU