Escroquerie au code de la route : 2 ans de prison pour le gérant d'auto-écoles qui avait aidé Kendji Girac

Escroquerie au code de la route : 2 ans de prison pour le gérant d'auto-écoles qui avait aidé Kendji Girac
Un examen du code de la route (illustration).
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Orange avec AFP, publié le lundi 27 mars 2017 à 18h20

Un gérant d'auto-écoles, qui avait organisé une fraude électronique pour assurer le code de la route à ses élèves, a été condamné lundi 27 mars à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne). L'escroquerie familiale avait profité à plus de 300 personnes entre 2013 et 2016, appartenant principalement à la communauté des gens du voyage, dont le célèbre chanteur Kendji Girac.

Chaque candidat devait s'acquitter d'une somme allant de 2.000 à 2.500 euros pour s'équiper d'un boîtier qui vibrait dès que la bonne réponse était donnée par l'examinateur.

Les appareils étaient actionnés par un complice agissant de l'extérieur, surnommé "Monsieur Abdel", qui écoutait les questions via le téléphone d'un candidat. La fraude, qui aurait rapporté environ 740.000 euros, selon les estimations des enquêteurs, avait été organisée en famille dans quatre écoles de conduite du Val-de-Marne et de Seine-et-Marne.

"MONSIEUR ABDEL" EST EN CAVALE

Le gérant, un ancien instructeur d'auto-école de 75 ans, bénéficiait de la complicité de sa femme, de sa fille et de son gendre, inspecteur du permis de conduire. Les deux premières ont été condamnées à deux ans de prison avec sursis, le troisième à un an avec sursis. Tous devront également débourser des amendes de 20.000 à 50.000 euros. La plus lourde peine a été infligée à "Monsieur Abdel", absent lors du procès et visé par un mandat d'arrêt : 2 ans ferme et 100.000 euros d'amende. Un sixième prévenu, simple rabatteur auprès d'un candidat, s'en sort avec six mois de prison avec sursis et 1.500 euros d'amende.

"Je ne gagnais que l'inscription et le forfait code, c'est tout", soit les 400 euros réglementaires pour chaque candidat, avait juré le gérant à l'audience. Il connaissait la combine, mais le système bénéficiait selon lui entièrement à "Monsieur Abdel". Le reste de la famille tenait la même défense, expliquant avoir "fait l'autruche". Les nombreux candidats auditionnés au cours de l'enquête ont cependant affirmé que le système était proposé par le retraité, sa femme ou sa fille, qui encaissaient ensuite l'argent liquide. Le gendre a lui reconnu avoir pris illégalement 500 photos des questions en centre d'examen, mais a assuré ne jamais les avoir transmises.

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