Esclavage : des associations réclament un jour férié et chômé de commémoration le 10 mai

Esclavage : des associations réclament un jour férié et chômé de commémoration le 10 mai
Une cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Paris, le 10 mai 2015

Orange avec AFP, publié le lundi 09 mai 2016 à 13h45

15 ans après le vote définitif de la loi Taubira reconnaissant la traite négrière et l'esclavage comme des crimes contre l'Humanité, plusieurs associations antiracistes interpellent François Hollande dans un appel commun publié ce lundi réclamant notamment le création d'un "musée de l'esclavage" en France, ainsi que la mise en place d'un jour férié le 10 mai.

"Ce 10 mai 2016, le chef de l'Etat a l'occasion de faire preuve de la hauteur de vue qui fait souvent défaut aux responsables politiques français lorsque le passé douloureux est évoqué", en annonçant "l'ouverture d'un musée de l'esclavage dans l'Hexagone", détaillent SOS Racisme et le Cran (Conseil représentatif des associations noires de France) dans un communiqué. "Un musée de l'esclavage à Paris serait (...) une forme de réparation républicaine tout à fait utile et fédératrice" est-il expliqué.


Le texte souligne que "plusieurs organisations comme SOS Racisme, le Cran, la Licra et le Crif" (Conseil représentatif des institutions juives de France) ont demandé au gouvernement l'ouverture d'un tel musée et qu'elles "attendent la réponse ou la non-réponse qui sera livrée le 10 mai".

Le président de la République doit prendre part à la commémoration de la XIe journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, mardi matin à Paris. La Licra précise qu'un "comité d'études va être constitué" pour avancer sur ce projet. Il "travaillera en relation avec des spécialistes de la question de la traite, avec la Cité de l'immigration ainsi qu'avec d'autres associations".

LES "RÉPARATIONS" AU CŒUR DU DÉBAT

Plus que la seule construction d'un lieu de mémoire, les revendications sont exposées dans un "programme d'action pour les réparations" signé par 120 associations. Parmi les propositions concrètes : "faire du 10 mai dans l'Hexagone un jour férié et chômé pour commémorer l'esclavage et l'abolition, comme il y en a déjà dans les départements d'outre-mer". Des jours fériés commémorant l'abolition de l'esclavage sont en effet déjà respectés dans plusieurs ex-DOM/TOM : le 27 avril pour Mayotte, le 22 mai pour la Martinique, le 27 mai pour la Guadeloupe, le 10 juin pour la Guyane, et le 20 décembre pour la Réunion.

Le communiqué appelle également à faire évoluer les programmes scolaires ainsi que les recherches universitaires afin de "mieux prendre en considération les réalités coloniales et postcoloniales". La lutte contre "l'apartheid scolaire", "les préjugés issus de l'imaginaire colonial", et l'annulation de la dette des anciennes colonies figurent également parmi les revendications. La loi Taubira tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité a été adoptée en mai 2001 sous le gouvernement Jospin.


En 2006, l'ancien président Jacques Chirac avait fait du 10 mai une journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. L'esclavage a été officiellement aboli en France en 1848.

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