Éruption aux Canaries : le nuage de gaz survole la France

Éruption aux Canaries : le nuage de gaz survole la France
Le volcan Cumbre Vieja, aux Canaries, le 23 septembre 2021.

publié le vendredi 24 septembre 2021 à 13h25

La concentration en dioxyde de soufre est finalement moins importante que prévu. Le nuage ne devrait pas provoquer de gêne respiratoire ni de pluies acides en France.

Le volcan de Cumbre Vieja, aux Canaries, recrache de 6.000 à 11.500 tonnes de dioxyde de soufre tous les jours.

Vendredi 24 septembre, le nuage du gaz survole la France, après être passé par le Maroc et la Catalogne, rapporte BFMTV. L'éruption, qui a commencé le 9 septembre, pourrait se poursuivre pendant "24 à 84 jours", selon l'institut volcanologique Involcan.

Si le dioxyde de soufre est irritant pour les voies respiratoires, la peau et les yeux, et qu'il peut provoquer des pluies acides et abîmer la pierre, le nuage issu du Cumbre Vieja ne devrait pas poser de problème. "La quantité de gaz qui sort de cette éruption n'est pas assez importante pour poser des problèmes", a expliqué à La Dépêche Ludovic Leduc, volcanologue pour Objectif volcans.


D'autant plus qu'il survole la France à une altitude élevée. "Le nuage n'est pas dangereux au sol car il vole à 5.000 mètres d'altitude, et par rapport à sa source, il s'est dilué au cours de son transfert", a détaillé sur France 2 le président de l'association internationale de volcanologie, Patrick Allar. À cette altitude, il ne devrait pas entrer en contact avec les nuages de pluie.

Toutefois, un ancien météorologue de Météo France, Pascal Bourreau, note dans La Dépêche que le dioxyde de soufre va quand même former un aérosol dans l'atmosphère, mais "très dilué" et sans "vraiment d'impact". Il pourrait créer un léger voile devant le soleil, "mais c'est tout pour le moment".

Aux Canaries, cependant, la situation est bien différente. "Localement, les concentrations peuvent être importantes et poser des problèmes respiratoires", selon Ludovic Leduc. Des pluies acides pourraient également provoquer des démangeaisons et détruire une partie de la végétation.

Jeudi, les autorités espagnoles ont annoncé que l'une des deux coulées de lave du volcan s'était arrêtée. L'autre coulée, dont la largeur atteint 500 mètres, "poursuit sa progression, mais beaucoup plus lentement qu'avant" notamment en raison de la topographie, a expliqué à la presse Maria José Blanco, directrice de l'Institut géographique national (IGN).

Les autorités redoutent l'arrivée de la lave dans la mer en raison de l'émission de gaz toxiques qu'elle pourrait provoquer.  Maria José Blanco a toutefois précisé que ce ralentissement des coulées ne signifiait en rien que l'éruption avait perdu en intensité. Le volcan "reste actif, avec une colonne (de cendres et de gaz) atteignant 4.500 mètres d'altitude", a-t-elle encore dit.

 

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