Éric Dupond-Moretti soupçonné de conflits d'intérêt : perquisition au ministère de la Justice

Éric Dupond-Moretti soupçonné de conflits d'intérêt : perquisition au ministère de la Justice
Éric Dupond-Moretti à Paris, le 30 juin 2021.

publié le jeudi 01 juillet 2021 à 10h30

Trois syndicats de magistrats et l'association Anticor ont déposé des plaintes qui accusent Éric Dupond-Moretti de conflits d'intérêts entre son action de garde des Sceaux et ses anciennes fonctions d'avocat.

Une perquisition a été menée jeudi 1er juillet au ministère de la Justice dans le cadre de l'enquête visant le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti pour de possibles conflits d'intérêts, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.

L'enquête ouverte en janvier pour "prise illégale d'intérêts" à la Cour de justice de la République (CJR), seule juridiction habilitée à juger des ministres, fait suite aux plaintes déposées par trois syndicats de magistrats et l'association Anticor, qui accusent Éric Dupond-Moretti de conflits d'intérêts entre son action de garde des Sceaux et ses anciennes fonctions d'avocat, ce que le ministre conteste.


La perquisition est menée par les gendarmes de la section de recherche de Paris, avec les magistrats de la CJR, a indiqué une source proche du dossier. L'entourage du ministre a confirmé à l'AFP la perquisition en cours.

Elle "intervient près d'un an après les faits dont la Cour de justice de la République est saisie, ce caractère tardif ne manque pas d'étonner, alors même que les avocats d'Éric Dupond-Moretti ont pris le soin de transmettre dès l'annonce de l'ouverture de l'enquête tous les éléments utiles", a-t-on également commenté. "Le garde des Sceaux est serein face à cette procédure pour laquelle il a toujours dit avoir exclusivement suivi les recommandations de ses services composés de magistrats", a ajouté son entourage.

Selon le Canard enchaîné, le garde des Sceaux devrait être prochainement convoqué par les magistrats de la CJR. Le Premier ministre Jean Castex a lui déjà été entendu le 7 juin dans cette affaire, en tant que témoin.

Au cœur des accusations figure l'enquête administrative ordonnée par le ministre en septembre sur trois magistrats du parquet national financier (PNF) qui avaient participé à une enquête préliminaire visant à identifier la taupe qui aurait informé Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu'ils étaient sur écoute dans l'affaire dite "Bismuth".

Pendant ces investigations menées durant environ six ans, des facturations téléphoniques détaillées de plusieurs pénalistes, dont celles du futur ministre, avaient été examinées. Encore avocat, Éric Dupond-Moretti avait dénoncé des "méthodes de barbouzes". Face à la polémique, une inspection générale diligentée par sa prédécesseure place Vendôme Nicole Belloubet avait globalement dédouané le PNF.

Les syndicats reprochent également au ministre Dupond-Moretti d'avoir ouvert une autre enquête administrative sur le magistrat Édouard Levrault. Après la cessation de ses fonctions comme juge d'instruction à Monaco, ce dernier avait dénoncé des pressions dans ses enquêtes. Avant de devenir ministre, Éric Dupond-Moretti avait été l'avocat d'un policier mis en examen par ce magistrat et avait critiqué les méthodes du juge.

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