"Épidémie" de tête plate chez les bébés : une association donne l'alerte

"Épidémie" de tête plate chez les bébés : une association donne l'alerte
Un nouveau-né le 5 juin 2001 à la maternité de l'Hôpital franco-britannique de Levallois-Perret.

Orange avec AFP, publié le mardi 04 avril 2017 à 16h22

Les parents se rendent-ils coupables de maltraitance sur leur nourrisson sans s'en apercevoir ? C'est ce qu'affirme Le Lien, une importante association de défense des patients, qui saisit la Haute autorité de santé (HAS) mardi 4 avril, journée mondiale de lutte contre les déformations crâniennes. Objectif : alerter face à la recrudescence des plagiocéphalies, les têtes plates des nourrissons, rapporte Le Parisien.

Il s'agit un aplatissement du crâne dû à un appui trop permanent contre le matelas.

20% des bébés seraient concernés, mais selon un étude canadienne, un nourrisson sur deux serait victime du syndrome de la tête plate, poursuit le quotidien. "Les consultations explosent, les parents s'inquiètent, mais rien ne bouge. C'est donc à nous, usagers, de nous emparer du sujet. Les conséquences en termes de santé publique sont graves", dénonce Claude Rambaud, vice-présidente du Lien et coprésidente du Ciss (Collectif inter-associatif sur la santé), regroupant 43 associations d'usagers de la santé.

DES RETARDS DANS L'APPRENTISSAGE DE LA MARCHE

Pour Thierry Marck, médecin spécialisé dans le traitement des plagiocéphalies, le problème n'est pas seulement esthétique. "Une installation unique sur le dos va faire pression, le lui déformer, modifier les équilibres. On retrouve des enfants avec des problèmes vertébraux, de scoliose, de déformation de la mâchoire", assure au Parisien celui qui n'hésite pas à parler d'"une épidémie". "Les problèmes de mâchoire entraînent des problèmes de succion, de dentition, d'alimentation. On note aussi des retards dans l'apprentissage de la marche, de la parole", ajoute un ostéopathe.



Comment éviter tous ces problèmes à son bébé ? Selon Anaïs de Tinguy-Simon, chercheuse en sophrologie, on éviterait ces problèmes "en le changeant de position régulièrement, en le mettant sur le côté". Depuis 1994 et la vaste camagne de lutte contre la mort subite du nourrisson, on ne couche plus les bébés sur le ventre. Celle qui se définit comme une militante "anti-position dorsale" dénonce : "on a transformé les bébés en scarabées les pattes en l'air, incapables de développer leur sens moteur ! "

En attendant la décision de la HAS à qui Le Lien a demandé une évaluation médicale de la situation, son vice-président espère une meilleure information dans les maternités sur les différentes positions possibles d'un enfant dans son lit.

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