Enseignants : Jean-Michel Blanquer annonce une enveloppe de 700 millions d'euros pour revaloriser les salaires

Enseignants : Jean-Michel Blanquer annonce une enveloppe de 700 millions d'euros pour revaloriser les salaires
Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, lors d'une conférence de presse le 22 avril 2021.

publié le mercredi 26 mai 2021 à 18h55

L'annonce a déçu les syndicats qui ne la jugent "absolument pas à la hauteur de la situation".

Alors que s'achève, mercredi 26 mai, le Grenelle de l'éducation, qui a réuni pendant trois mois les acteurs du secteur afin de "réfléchir aux modernisations de l'éducation nationale", le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a annoncé une enveloppe de 700 millions d'euros pour le budget de 2022 destinée à la revalorisation des revenus des enseignants, dont 400 millions seront dédiées aux nouvelles primes.

En outre, "il y a 100 millions d'euros qui permettront la montée en puissance des mesures déjà décidées, 400 millions pour mettre en oeuvre les nouveaux engagements et 200 millions d'euros pour l'action sociale", a précisé le ministre. "L'ensemble des personnels (1,1 million de personnes dont 860.000 enseignants) est concerné par cette enveloppe mais la priorité reste donnée aux débuts de carrière de manière à rendre attractif le métier d'enseignant", ajoute-t-on au ministère, alors que la ventilation exacte de cette enveloppe de 700 millions sera discutée "au long du mois de juin" avec les organisations syndicales, ainsi que les modalités de mise en oeuvre.



Alors que les salaires des enseignants français sont inférieurs de 7% en début de carrière à la moyenne des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), "l'objectif est de rejoindre le peloton de tête des pays de l'OCDE", a martelé Jean-Michel Blanquer. "Au global, cela porte à 1,1 milliard d'euros la somme accordée sur deux années à la revalorisation des enseignants", s'est félicité le ministre, dont l'objectif est "d'arriver le plus vite possible à 2.000 euros net par mois pour les professeurs les plus jeunes". 

Pour permettre une hausse ciblée sur les débuts de carrières, le budget 2021 du ministère avait été augmenté de 400 millions d'euros (500 millions en année pleine).

Des premières augmentations, sous forme de prime mensuelle, doivent être versées fin mai. Cette prime ira de 36 euros nets par mois pour des professeurs ayant entre onze et quinze ans d'ancienneté jusqu'à 100 euros nets mensuels pour les nouveaux titulaires. Elle bénéficiera aux professeurs du primaire comme du secondaire (collèges et lycées).

Chez les syndicats, les annonces ont déçu. "Ce n'est pas zéro, on ne va pas cracher dessus mais c'est tout de même assez limité au vu du nombre d'agents du ministère et au vu du retard pris en matière salariale", a nuancé Jean-Rémi Girard, président du SNALC (secondaire) à sa sortie du ministère de l'Education. Pour Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU premier syndicat du secondaire, "ce n'est absolument pas à la hauteur de la situation, surtout pour un ministre qui s'était targué dès son entrée en fonction d'une 'revalorisation historique', là c'est vraiment des mesurettes, c'est beaucoup de bruit pour rien", a-t-elle ajouté. "On est très loin de ce qu'attendent les enseignants, ça ne va pas assez loin, ce n'est pas des annonces qui vont révolutionner le métier", a abondé à ses côtés Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

Les trois représentants syndicaux ont également déploré l'enterrement du projet de loi de programmation pluriannuelle gravant dans le marbre des hausses de salaires. "Pour nous c'était un moyen de montrer le soutien qu'on pouvait apporter au personnel de l'Education nationale qui a fait preuve d'un très grand engagement pendant la crise sanitaire, on a montré à quel point on a réussi à tenir la baraque. C'est une vraie occasion manquée", a regretté Jean-Rémi Girard.
 

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