Enseignant tué à Conflans-Sainte-Honorine : une onzième personne placée en garde à vue

Enseignant tué à Conflans-Sainte-Honorine : une onzième personne placée en garde à vue
Un élève dépose, samedi 17 octobre, des fleurs en hommage à Samuel Paty, tué la veille à Conflans-Sainte-Honorine.

, publié le dimanche 18 octobre 2020 à 10h45

Cette personne est issue de l'entourage de l'assaillant. Plusieurs personnes de la famille du tueur et de son entourage proche avaient déjà été interpellées, de même que le père d'une élève de la victime et un militant islamiste très actif.

Dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat d'un professeur d'histoire-géographie vendredi à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), une onzième personne a été placée en garde à vue dimanche matin. Cette personne est issue de l'entourage de l'assaillant, Abdoullakh Anzorov, un Russe tchétchène de 18 ans qui a été tué vendredi par les policiers, selon des informations données par une source judiciaire à l'AFP.



Plusieurs personnes de la famille du tueur - ses parents, son grand-père et son petit frère - ainsi que de son entourage proche ont été interpellées dès vendredi soir. Le père d'une élève de la victime, qui avait appelé à la mobilisation contre l'enseignant après que ce dernier a montré des caricatures de Mahomet à des élèves dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression, ainsi que l'homme qui l'avait accompagné au collège pour se plaindre du professeur, un militant islamiste très actif du nom d'Abdelhakim Sefrioui, et sa compagne sont également en garde à vue depuis samedi.

Trois personnes ayant été en contact avec l'agresseur, qui se sont présentées spontanément au commissariat d'Evreux vendredi soir, ont aussi été interpellées. 

Le père de l'élève avait une demi-soeur, qui est partie en 2014 rejoindre l'organisation Etat islamique en Syrie et fait l'objet d'un mandat de recherche, a indiqué samedi au cours d'une conférence de presse le procureur du parquet national antiterroriste (PNAT), Jean-François Ricard. Il n'a fait aucun lien entre ce père de famille, son entourage et l'assaillant.

Un peu avant 17h vendredi, Abdouallakh Anzorov a décapité Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie, à proximité du collège du Bois d'Aulne où il enseignait, situé dans un quartier calme de Conflans-Sainte-Honorine. L'assaillant a été tué de neuf balles par des policiers à 200 mètres de là. Ces derniers ont tenté de l'interpeller mais le jeune homme tirait en leur direction avec une arme de poing. Il était armé d'un pistolet à billes de type Airsoft et d'un poignard. Un second couteau ensanglanté, avec une lame de 35 cm, est découvert à une trentaine de mètres de la victime.

Si Abdoullakh Anzorov était connu pour des antécédents de droit commun, il n'a jamais été condamné. Il n'était pas connu des services de renseignement pour radicalisation, selon plusieurs sources proches du dossier. Il a obtenu le 4 mars 2020 un titre de séjour valable jusqu'en mars 2030. Il avait le statut de réfugié et habitait à Evreux en Normandie. Ses voisins le présentent comme un jeune homme "discret", "plongé dans la religion" depuis trois ans, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

Jean-François Ricard a expliqué que les enquêteurs avaient retrouvé dans son téléphone portable le texte de revendication envoyé sur Twitter. Ce texte avait été écrit à 12h17. Ils ont découvert aussi la photo de la tête de la victime envoyée à 16h57 sur Twitter. Cette photo était accompagnée d'un message adressé à Emmanuel Macron, "le dirigeant des infidèles", expliquant vouloir se venger de celui "qui a osé rabaisser Muhammad".

Ce nouvel attentat islamiste a provoqué une onde de choc dans le pays. D'importantes manifestations sont attendues partout en France ce dimanche en hommage au professeur. Un hommage national lui sera rendu mercredi.
 

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