Enseignant décapité dans les Yvelines : l'enquête avance

Enseignant décapité dans les Yvelines : l'enquête avance
Dispositif policer à Eragny-sur-Oise

, publié le samedi 17 octobre 2020 à 11h00

Un enseignant a été décapité à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) vendredi 16 octobre par un jeune de 18 ans. Des perquisitions ont eu lieu dans la soirée et neuf personnes sont en garde à vue.


Le drame est survenu vendredi 16 octobre après-midi, vers 17 heures, à proximité d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Un professeur d'histoire âgé de 47 ans a été poignardé puis décapité sur la voie publique. Son agresseur présumé a été abattu d'une dizaine de balles par les forces de l'ordre peu de temps après dans la commune voisine d'Eragny-sur-Oise (Val-d'Oise). Il serait né à Moscou (Russie) il y a 18 ans et serait originaire de Tchétchénie. Des perquisitions au domicile de son entourage ont eu lieu dans la soirée.

Neuf personnes ont été placées en garde à vue, des membres de son entourage, mais aussi deux parents d'élève du collège qui s'étaient plaints du cours de l'enseignant. Selon les précisions de plusieurs médias dont BFMTV et Le Point, outre les parents, le grand-père et le petit frère de l'assaillant, un parent d'élève qui avait diffusé le nom de l'enseignant sur les réseaux sociaux et qui protestait contre le cours sur la liberté d'expression livré par le quadragénaire fait également partie des personnes placées en garde à vue.

En réunion samedi matin au ministère de l'Education nationale avec des représentants des personnels et des parents d'élèves, Jean Castex a déclaré selon BFMTV : "Ces agissements barbares, me semble-il, compte tenu des éléments dont je dispose, sont des actes qui sont imputables au terrorisme islamique", a déclaré le chef du gouvernement. "Je veux vous faire part de ma totale indignation. La laïcité, colonne vertébrale de la République a été, à travers cet acte ignoble, visée", a-t-il lancé avant d'assurer : "Nous n'avons pas l'intention de ne pas réagir face à ces agissements inadmissibles."


Selon Le Parisien et BFMTV samedi matin, un hommage national sera rendu à l'enseignant décédé. L'Elysée discute des modalités de cet hommage avec la famille de l'enseignant. L'Élysée a par la suite confirmé la tenue de cette cérémonie, mais a précisé que, pour l'instant, aucune date n'avait encore été arrêtée.

C'est un Emmanuel Macron particulièrement ému qui s'était présenté devant les médias, vendredi soir vers 22h30, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Après s'être rendu sur les lieux du crime, le président de la République a donc pris la parole pendant quelques minutes. "Un de nos concitoyens a été assassiné parce qu'il enseignait, parce qu'il apprenait à des élèves la liberté d'expression, la liberté de croire et de ne pas croire, a-t-il d'abord déclaré. Notre compatriote a été la victime d'un attentat terroriste islamiste caractérisé."


"Je veux dire à tous les enseignants de France que la Nation est avec eux, qu'elle sera là pour les défendre, pour leur permettre d'accomplir leur mission", a poursuivi Emmanuel Macron. Avant d'ajouter, comme pour réaffirmer sa fermeté vis-à-vis des tenants de l'obscurantisme religieux : "Je le dis de manière très claire : ils ne passeront pas. L'obscurantisme et la violence qui l'accompagne ne gagneront pas. Ils ne nous diviseront pas. J'appelle l'ensemble de nos compatriotes à faire bloc, à être unis, sans aucune distinction. Cette unité est indispensable."

Des caricatures de Mahomet en cours

"Ce soir, c'est la République qui est attaquée avec l'assassinat ignoble de l'un de ses serviteurs, un professeur, a réagi Jean-Michel Blanquer sur Twitter. Je pense ce soir à lui, à sa famille. Notre unité et notre fermeté sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste. Nous ferons face." Comme indiqué par le parquet, une enquête a été ouverte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Le professeur d'histoire aurait récemment montré à ses élèves les caricatures de Mahomet réalisées par les dessinateurs de Charlie Hebdo. Le procureur de la République antiterroriste s'exprimera vers 15 heures samedi. 

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