Enquête ouverte après une interpellation policière à Clichy-la-Garenne

Enquête ouverte après une interpellation policière à Clichy-la-Garenne
Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête préliminaire pour violence par personne dépositaire de l'autorité publique (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le dimanche 12 février 2017 à 19h47

Selon Le Parisien, des policiers de la Bac d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) sont sous le coup d'une enquête après l'interpellation d'un homme de 19 ans à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) dans la nuit du 3 au 4 février.

L'homme interpellé, renommé "Hicham" par le quotidien, circulait ce soir là "avec deux amis dans le secteur de la Porte de Saint-Ouen (nord-ouest de Paris), lorsqu'il a aperçu deux voitures de police rouler à vive allure". "Il y avait aussi un motard en civil qui les accompagnait", a-t-il expliqué au Parisien.

"Comme on n'avait rien à faire mais qu'on ne voulait pas rentrer, on a décidé de les prendre en filature par curiosité". Cet étudiant en BTS admet que "ce n'était pas une très bonne idée" mais qu'il ne faisait "rien de répréhensible" et qu'il n'était "animé d'aucune mauvaise intention".

TROIS POINTS DE SUTURE ET UNE DENT CASSÉE

Après plusieurs minutes de "filature", le motard suivi a décidé de contacter ses collègues de la BAC pour qu'ils interviennent. "Vers 2h du matin, à hauteur de Clichy, une voiture de police nous barré la route", a expliqué Hicham. "J'ai immédiatement coupé le contact et levé les bras. Quand j'ai déverrouillé la portière, l'un des policiers m'a directement donné un coup de poing au visage. J'ai réussi à esquiver le deuxième mais après m'avoir sèchement sorti de la voiture il m'a asséné trois coups de matraque sur le crâne", a-t-il ajouté. "J'ai également été copieusement insulté".



Le jeune homme est ensuite menotté et placé en garde à vue au commissariat de Saint-Ouen. "Au départ, les policiers qui m'ont interpellé voulaient me reprocher une tentative de vol. Mais comme ça ne tenait pas, ils ont prétexté une rébellion". L'homme est ensuite hospitalisé. Bilan : trois points de suture au cuir chevelu, une dent cassée et un hématome sur le visage. L'étudiant a finalement pu repartir libre avec un simple rappel à la loi. Il a décidé de porter plainte.

LA POLICE DES POLICES SAISIE

"Les policiers se sont comportés de manière scandaleuse", a dénoncé auprès du Parisien son avocate, Me Caroline Wassermann. Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête préliminaire pour violence par personne dépositaire de l'autorité publique. Les bandes de vidéosurveillance devraient notamment êtres visionnées pour vérifier les conditions de l'interpellation. L'inspection générale de la police nationale (IGPN) a également été saisie.

Cette interpellation litigieuse est intervenue moins de deux jours après celle de Théo, un jeune homme noir de 22 ans, arrêté le 2 février par quatre policiers dans la cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), après un contrôle d'identité qui a dégénéré. Il accuse un des policiers de lui avoir introduit une matraque téléscopique dans l'anus. Un médecin a diagnostiqué une plaie de 10 centimètres. L'un des fonctionnaires a été mis en examen pour viol, ses trois collègues pour violences volontaires en réunion. Tous sont suspendus de leurs fonctions.

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