Enlèvement de Mia : le profil d'un homme clé du complotisme français pose question

Enlèvement de Mia : le profil d'un homme clé du complotisme français pose question©Panoramic

publié le lundi 19 avril 2021 à 21h46

Dans le cadre de l'enlèvement de la petite Mia, 8 ans, retrouvée saine et sauve dimanche 18 avril en Suisse, l'influence de Rémy Daillet-Wiedemann, sulfureux quinquagénaire français réfugié en Malaisie, intrigue les enquêteurs, relate Le Parisien.

Si la petite Mia, 8 ans, a été retrouvée dimanche 18 avril en Suisse, et ramenée à sa grand-mère, l'ombre plane toujours autour du commando qui a orchestré son enlèvement. Un homme en particulier est dans le champ de vision des investigations, rapporte Le Parisien, lundi 19 avril.

Rémy Daillet-Wiedemann est un Français réfugié en Malaisie depuis plusieurs années. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir influencé les personnes impliquées dans l'enlèvement. Le quotidien narre que plusieurs des gardés à vue arrêtés par les forces de l'ordre dans cette affaire ont fait des références directes au quinquagénaire. De fait, un juge a émis un mandat d'arrêt international à son endroit.


BFM TV apporte des précisions supplémentaires. Le média avance que Rémy Daillet-Wiedemann aurait planifié et financé cet enlèvement à hauteur de 3 000 euros. L'objectif aurait été de permettre la fuite vers l'étranger de Mia et de sa mère. Ces informations émanent des propos tenus lors de la garde à vue d'un des suspects, détaille BFM TV. Les fonds auraient été transférés en provenance d'un compte offshore. Lola Montemaggi aurait contacté le très controversé personnage au centre de toutes les intrigues.

Un programme pour renverser le gouvernement

"RDW" est connu des services de police et de renseignement. Il est impliqué dans une affaire d'attaque de gendarmerie à Dax, dans les Landes, en novembre dernier. L'auteur des faits a évoqué l'influence de ce chantre du complotisme sur lui. Quelques mois auparavant, détaille Le Parisien, sous pseudo, il s'est félicité de l'inscription de tags négationnistes sur une stèle mémorielle à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), victime de la barbarie des SS en juin 1944. Mais le profil inquiétant de Rémy Daillet-Wiedemann ne s'arrête pas là. L'ex-président du Modem de Haute-Garonne, exclu en 2010, et fils d'un ex-député UDF, poste également des vidéos extrêmement regardées, et possède un site web avec un "programme". Le Parisien relate quelques propositions de cet homme clé de la sphère complotiste. Pêle-mêle, il appelle "au renversement du gouvernement de la République française", "à l'éviction des forces politiques et judiciaires", est contre le masque, le confinement, les vaccins, "demande la sortie de l'Europe" ainsi, qu'entre autres, "au démantèlement du réseau 5G".

Déterminer son implication réelle dans l'enlèvement

Certains propos sont souverainistes voire xénophobes, pointe le média. Il dénonce "l'invasion migratoire qui décapite l'Afrique". Il prône également "la déchéance de nationalité pour les délinquants d'origine étrangère". Il est soupçonné de chercher à recruter des personnes pour mener des actions, et il utiliserait "le naufrage de la France" pour convaincre. L'enquête se poursuivant, elle devra déterminer quel a été le rôle exact de celui qui est âgé de 54 ans. Le Parisien note que la mère de Mia, Lola Montemaggi, semblait adhérer à certaines de ses thèses : l'arrêt du placement abusif d'enfants et la volonté d'avoir une éducation à la maison. Les enquêteurs chercheraient toujours à établir des liens avec les personnes mises en examen, et trouver l'implication réelle de Rémy Daillet-Wiedemann dans l'opération dite "Lima", pour l'enlèvement de Mia. Le quotidien conclut en expliquant que certains des suspects gravitaient dans son orbite.

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