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Profil "préoccupant" de la mère, kidnappeurs organisés... Ce que l'on sait de l'enlèvement de Mia dans les Vosges

Profil "préoccupant" de la mère, kidnappeurs organisés... Ce que l'on sait de l'enlèvement de Mia dans les Vosges
Le procureur de la République d'Epinal Nicolas Heitz présente une photo de la petite Mia le 14 avril.

publié le mercredi 14 avril 2021 à 15h00

L'enfant, âgée de 8 ans, a été enlevée au domicile de sa grand-mère, aux Poulières, où elle était placée depuis quelques mois, par trois hommes se faisant passer pour des employés des services sociaux. La fillette pourrait se trouver avec sa mère, qui n'avait pas le droit de la voir seule.

Cette dernière a également disparu et son appartement a été perquisitionné, selon le procureur de la République d'Epinal, Nicolas Heitz. 

La mère de Mia affichait une "posture préoccupante" et voulait passer sous les "radars de la société". Le procureur de la République tenait une conférence de presse mercredi 14 avril, 24 heures après la disparition de Mia. La petite fille a été enlevée mardi vers 11H30 par trois hommes prétendant être des travailleurs sociaux qui s'étaient présentés au domicile de sa grand-mère maternelle, a qui elle a été confiée. 

Au moment de son enlèvement, Mia Montemaggi, 8 ans, qui mesure 1,30m et a des cheveux longs bruns avec une frange, portait "de petites boucles d'oreilles en or avec un dessin rouge" et était "habillée d'un pantalon noir, d'un t-shirt, d'un gilet gris zippé avec des points dorés, d'une doudoune blanche avec des pois noirs et doublure en fourrure blanche", a rappelé le procureur.


Sa mère, Lola Montemaggi, est au coeur du "travail de fourmi" des enquêteurs pour retrouver l'enfant et ses ravisseurs, qui avaient minutieusement préparé ce rapt. Résidant à Epinal, "la mère voulait vivre en marge de la société" et avait demandé à scolariser sa fille à domicile, ce qui lui avait été refusé, a expliqué Nicolas Heitz aux journalistes. 

"La maman n'a pas le droit de voir son enfant seule"

L'enfant a fait l'objet d'un placement provisoire par le juge des enfants d'Epinal le 11 janvier dernier, a indiqué Nicolas Heitz. Elle était suivie par les services de protection de la jeunesse. Sa mère, Lola Montemaggi, 28 ans, avait "adopté devant le juge des enfants, le 11 janvier, une posture préoccupante", se disant "malade, ne pas souhaiter que l'on s'immisce dans sa vie ni dans celle de sa fille en arguant une position de rejet de la vie en société", a précisé le procureur. Elle n'avait répondu à aucune convocation judiciaire depuis lors et tenu des "propos suicidaires" devant Mia. Fin décembre, Lola Montemaggi avait dit avoir "pour projet de partir en camping-car avec sa fille dans le but de passer, je la cite, 'en dessous des radars de la société'", a poursuivi le procureur.

"La maman n'a pas le droit de voir son enfant seule", a indiqué le procureur. Elle avait le droit de voir sa fille deux fois par mois, en présence d'un tiers. "Il a été signalé que l'enfant avait été confrontée à la violence de sa mère", a-t-il précisé, évoquant ensuite qu'il s'agissait de violences verbales, et pas physiques, la mère de Mia ayant également eu des propos violents "à l'endroit de sa propre mère". 

Un enlèvement soigneusement planifié 

L'enlèvement, soigneusement planifié, a été opéré sans violence physique, les ravisseurs se faisant passer pour des représentants de la protection de l'enfance afin de mettre en confiance la grand-mère maternelle de l'enfant, désignée tiers de confiance par le juge des enfants et qui l'accueillait depuis quelques semaines. 

"Deux hommes ont sonné chez la grand-mère, se présentant comme des professionnels de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse), plus exactement du Stemo (service territorial éducatif de milieu ouvert), munis de papiers en tête du ministère de la Justice", a relaté le procureur. Pendant ce temps, un troisième homme attendait au volant du véhicule, un Transporter Volkswagen gris. 

Les deux premiers ont expliqué "vouloir faire une visite inopinée du logement et conduire l'enfant pour un rendez-vous au sein de ce Stemo pour qu'elle y rencontre sa mère". Prise d'une "mauvaise intuition", la grand-mère a ensuite appelé ce service pour vérifier et ainsi découvert qu'elle avait été trompée. Elle a alors appelé la gendarmerie. 


Trente signalements dans la nuit, 90 enquêteurs mobilisés 

La procédure Alerte enlèvement a été déclenchée mardi à 21H et levée trois heures plus tard par le ministère de la Justice, comme le prévoit la procédure. Mais le procureur d'Epinal souligne que la petite est était toujours recherchée et potentiellement en danger, invitant donc à continuer de diffuser sa photo. "Nous sommes tous collectivement inquiets, nous espérons que l'enquête permettra rapidement" de retrouver l'enfant, a-t-il insisté. Toute personne ayant des informations peut appeler le 0 800 36 32 68.



Après le déclenchement du plan Alerte enlèvement, trente signalements sont parvenus dans la nuit et ont fait l'objet de vérifications systématiques de la part des enquêteurs, a indiqué Nicolas Heitz, qui a également expliqué que l'appartement de la mère avait fait l'objet d'une "perquisition minutieuse". Il n'a toutefois pas souhaité donner davantage d'éléments sur "le travail de fourmi" des enquêteurs. 

L'enquête, ouverte pour "enlèvement de mineur de moins de 15 ans", a été confiée à la section de recherche de Nancy et à la brigade de recherche de Saint-Dié. Selon la gendarmerie, 90 enquêteurs sont mobilisés pour retrouver Mia. S'ils ne libèrent pas l'enfant volontairement, les ravisseurs encourent une peine de trente ans de réclusion criminelle. 
 

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