EN DIRECT. Policier tué sur les Champs-Élysées : Hollande confirme la "piste terroriste", l'État islamique revendique l'attaque

EN DIRECT. Policier tué sur les Champs-Élysées : Hollande confirme la "piste terroriste", l'État islamique revendique l'attaque
Les Champs-Élysées à Paris bouclés le 20 avril 2017.

Orange avec AFP, publié le vendredi 21 avril 2017 à 00h51

"Le soutien de la nation est total", a réagi François Hollande jeudi soir, en confirmant la piste "terroriste". Un policier a été tué sur les Champs-Élysées à Paris jeudi 20 avril, et deux autres blessés.

Ils ont été "délibérément pris pour cible" par un homme, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet. L'organisation État islamique (EI) a revendiqué l'attaque dans la soirée, via son organe de propagande, en présentant l'assaillant comme "Abu Youssef al belgiki" (le Belge). L'identité de ce dernier "est connue et a été vérifiée", a indiqué le procureur de la République de Paris François Molins durant une brève allocution sur place jeudi soir. Mais elle n'a pas été révélée car une perquisition était en cours au domicile de l'attaquant présumé, en Seine-et-Marne, notamment pour déterminer s'il a bénéficié de complicités. Cet homme faisait par ailleurs l'objet d'une enquête antiterroriste pour s'en être déjà pris à des policiers.


"Nous sommes convaincus" que la piste est "d'ordre terroriste", a réagi François Hollande à l'issue d'une réunion d'urgence à l'Élysée jeudi soir. "Le soutien de la nation est total", a affirmé le chef de l'État, précisant qu"un hommage national sera rendu" au policier tué sur les Champs-Élysées. "Nous serons d'une vigilance absolue" pour sécuriser l'élection présidentielle, a-t-il poursuivi. François Hollande a indiqué qu'un Conseil de défense sera convoqué à 08h00 vendredi.

► PERQUISITION EN COURS

Une perquisition était en cours vers 23h00 au domicile présumé de l'assaillant en Seine-et-Marne, en banlieue parisienne, selon une source policière à l'AFP.

Des policiers ont été visés par des coups de feu sur les Champs-Élysées à Paris jeudi 20 avril vers 21h00. L'un d'entre eux a été tué, deux autres blessés. L'agresseur a été "neutralisé", selon la préfecture de police. Le ministère de l'Intérieur précise qu'il a été "abattu". Le haut de la célèbre avenue est fermé à la circulation. Il n'était pas possible dans l'immédiat de connaître les circonstances des tirs. La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête.

Selon plusieurs témoignages, confirmés par le porte-parole du ministère de l'Intérieur, un homme est descendu de voiture à proximité d'un car de police et a ouvert le feu sur les fonctionnaires, tuant un policier, avant de prendre la fuite à pied, blessant dans sa course deux autres policiers, pour être finalement abattu.








Un hélicopère survolait le secteur, comme l'a confirmé Pierre-Henry Brandet.




"Nous vous conseillons d'éviter le secteur des Champs-Élysées", avait écrit la préfecture de police sur Twitter. "Intervention de police en cours sur le secteur des Champs-Élysées. Évitez le secteur et respectez les consignes des forces de police", précisait la préfecture. Les stations de métro desservant les Champs-Élysées, Champs-Élysées-Clemenceau, Franklin-Roosevelt et George-V, sont fermées.




Des témoins ont parlé à BFMTV de tirs de kalachnikov, ou en tout cas à l'arme lourde. Le porte-parole de l'Intérieur a parlé de tirs à l'arme automatique.

"Le drame s'est déroulé à hauteur du 104 de l'avenue des Champs-Elysées, au niveau du magasin Marks & Spencer, selon la chaîne d'information. Une vingtaine de fourgons de police ont été déployés sur l'avenue." Selon une source policière à BFMTV, des tirs ont également été entendus dans le magasin Marks & Spencer, dans lequel se trouveraient des hommes dela BRI (Brigade de recherche et d'intervention). Il s'agit de l'un des tronçons les plus touristiques de la célèbre avenue, où se trouvent des commerces, restaurants et cinémas.

► RÉUNION DE CRISE À L'ÉlYSÉE

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve et le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl se sont rendus à l'Élysée pour rejoindre François Hollande et faire un point sur la fusillade. Le chef de l'État s'exprimera après cette réunion de crise.

Ce drame survient à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle, alors que la France, sous état d'urgence, a été confrontée depuis 2015 à une vague d'attentats jihadistes sans précédent ayant fait 238 morts.

► LE PARQUET ANTITERRORISTE OUVRE UNE ENQUÊTE

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête sur la fusillade. Cette enquête en flagrance a été confiée à la Section antiterroriste (SAT) de la Brigade criminelle et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé le parquet.

► "SOLIDARITÉ" DES POLITIQUES

"Hommage au policier tué sur les Champs-Élysées ce soir, pensées à sa famille. Solidarité avec ses collègues blessés et leurs proches", a tweeté le Premier ministre Bernard Cazeneuve.


Alors que l'émission politique de France 2, "15 minutes pour convaincre", qui devait être le grand rendez-vous de la soirée, se poursuivait encore, Benoît Hamon a réagi sur Twitter. "Mes pensées vont au policier tué, à ses collègues blessés. Soutien total aux forces de l'ordre contre le terrorisme. #ChampsElysees", a écrit le candidat PS, le premier des onze à réagir.

Dans la foulée, plusieurs de ses adversaires ont également exprimé leur émotion.





► FILLON ET LE PEN SUSPENDENT LEUR CAMPAGNE

Marine Le Pen et François Fillon ont annulé jeudi soir leurs déplacements prévus vendredi. Marine Le Pen devait se rendre dans un refuge pour animaux à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). "C'est bien sûr annulé", a indiqué Florian Philippot à l'AFP. François Fillon comptait rassembler une partie de son équipe de campagne à Chamonix, a-t-on appris de sources concordantes.

► TRUMP PARLE D'"ATTAQUE TERRORISTE"

De son côté, le président américain Donald Trump a immédiatement évoqué la piste terroriste, alors que les autorités françaises ne donnent aucune indication sur les raisons de la fusillade. "C'est une chose vraiment, vraiment terrible qui se passe dans le monde aujourd'hui. Mais il semble que ce soit une attaque terroriste", a affirmé le président républicain lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre italien Paolo Gentiloni à la Maison Blanche.

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