Édouard Philippe : "les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes"

Édouard Philippe : "les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes"

Le Premier ministre Édouard Philippe, entouré du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, à l'Élysée le 17 janvier 2018.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 17 janvier 2018 à 15h30

"Le gouvernement a pris sa décision". Le Premier ministre a confirmé l'abandon du projet, ce mercredi 17 janvier, à l'issue du Conseil des ministres à l'Élysée.

La ZAD devra être libérée "d'ici le printemps prochain".

Le projet sera bien "abandonné". "Si la décision avait été facile, elle aurait été prise depuis longtemps", a jugé le chef du gouvernement, rappelant les débats autour du projet depuis cinq décennies. L'aéroport de Nantes-Atlantique sera donc "modernisé", a indiqué Édouard Philippe. Les aéroports de Brest et Rennes seront eux aussi sollicités.

Par ailleurs, la ZAD (pour "zone à défendre) devra être évacuée. "Nous mettrons fin à la zone de non droit qui prospère depuis près de dix ans", a poursuivi le chef du gouvernement. "La demande de prorogation de la déclaration d'utilité publique sera retirée. La déclaration d'utilité publique actuelle deviendra donc caduque le 8 février prochain", a-t-il précisé. En outre, les trois routes qui traversent la zone devront être à nouveau praticables. Les agriculteurs dont les terres sont occupées par les zadistes vont pouvoir les récupérer. "Les occupants illégaux devront partir d'ici le printemps prochain ou seront expulsés", a averti le Premier ministre.



• Annonce aux élus locaux dans la matinée

Le gouvernement avait confirmé à plusieurs élu locaux l'abandon du projet d'aéroport contesté à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) dans la matinée. "Une trahison", selon ces élus qui étaient favorables au nouvel aéroport.



"C'est officiel. C'est abandonné". Le projet de transfert d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne verra pas le jour, a indiqué à l'AFP Philippe Grosvalet, président du syndicat mixte aéroportuaire (SMA) et président du conseil départemental de Loire-Atlantique, après avoir eu au téléphone un conseiller du Premier ministre Édouard Philippe dans la matinée. Le SMA regroupe l'ensemble des collectivités favorables au projet d'aéroport.

Après six mois de médiation et une ultime consultation, l'exécutif a choisi d'abandonner le projet controversé d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, malgré des décisions de justice et un référendum local favorables. Matignon a informé des élus locaux, peu avant une déclaration du Premier ministre Édouard Philippe à la sortie du Conseil des ministres à l'Élysée.

• Un projet dans les tuyaux depuis 50 ans

Prévenu par un conseiller de Matignon, Philippe Grosvalet fustige "un véritable reniement" et "une très très mauvaise décision du président de la République". "C'est pire que de la déception, c'est quasiment une trahison", s'indigne l'élu. L'alternative devrait être d'aménager l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, comme l'envisageaient des médiateurs dans leur rapport remis le 13 décembre. Malgré les multiples rejets des recours en justice des anti-aéroport, le soutien au projet d'une majorité des élus de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, ainsi qu'un référendum consultatif local favorable (55,17%) en Loire-Atlantique en juin 2016, l'exécutif a préféré lâcher "NDDL".

Né dans les années 60, relancé en 2000, attribué à Vinci par appel d'offres en 2010, l'aéroport "du Grand Ouest" a traversé un demi-siècle, pour finalement devenir le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande et le conflit environnemental le plus emblématique du pays.

• Évacuation de la ZAD ce mercredi

Édouard Philippe, qui a rencontré plus de 100 élus de l'Ouest depuis début janvier et s'est rendu discrètement samedi à la mairie de Notre-Dame-des-Landes, avait reconnu mardi, devant les députés la République en marche (LREM), la difficulté de trancher. "Quelle que soit la réponse, elle sera mauvaise" car elle fera des mécontents, a-t-il admis. Malgré l'abandon, l'exécutif s'est engagé à évacuer la ZAD.

Des renforts de sept escadrons de gendarmerie mobile, soit plus de 500 hommes, sont attendus mercredi sur place, selon une source proche du dossier, avec pour objectif de quadriller la zone et procéder à des contrôles afin d'éviter l'arrivée de civils dans la ZAD. Plusieurs compagnies de CRS seront, elles, à Nantes et Rennes afin d'assurer le maintien de l'ordre en cas de manifestations.

Le mouvement anti-aéroport, qui prévoit une conférence de presse deux heures après l'annonce du Premier ministre, s'est donné rendez-vous mercredi à 18h00 à "La vache rit", une grange servant de lieu de rassemblement en plein coeur de la ZAD.

• Les partisans déçus

Pour ses partisans, le nouvel aéroport devait permettre d'assurer le développement attendu du trafic aérien depuis Nantes, une des villes françaises à la plus forte croissance, face à la saturation attendue de Nantes-Atlantique dans sa version actuelle. Et ainsi améliorer la desserte de toute la Bretagne.

"Il faudra gérer la déception des partisans de l'aéroport, c'est une désillusion pour eux c'est certain", reconnaît un parlementaire. "Mais ce sont principalement des élus, il n'y a pas de mouvement citoyen de masse pour l'aéroport", juge le même.

• Et maintenant, quel avenir ?

Pour ses opposants, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces "grands projets inutiles", condamnant un beau bout de bocage au nom du développement d'un mode de transport contradictoire avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

L'agrandissement de Nantes-Atlantique, une option longtemps écartée par les pouvoirs publics, en raison notamment de la présence d'une zone naturelle protégée à proximité et de la problématique du survol de Nantes, reste toutefois entouré d'incertitudes. "Il s'agit de rallonger la piste vers le sud, l'extension des terminaux, l'aménagement des pistes de circulation pour les avions et changer la pente de la piste pour réduire les nuisances sonores", explique un des élus partisans de cette option. "Rallonger la piste en tant que tel prendrait six semaines. Au total, je pense qu'en deux ans tout peut être réglé", juge le même.

• Jusqu'à 350 millions à verser à Vinci





Cette version est vivement contestée par les élus partisans de Notre-Dame-des-Landes, comme l'ex-président les Républicains (LR) de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau, ou la maire PS de Nantes Johanna Rolland. Sur Twitter, elle dénonce une "trahison du Grand Ouest" et un "déni de démocratie".

Un éventuel abandon du projet soulève aussi la question de l'indemnisation prévue pour Vinci qui, selon le rapport remis à Édouard Philippe, pourrait aller jusqu'à 350 millions d'euros.

Mardi, le PDG de Vinci Xavier Huillard a évoqué un contrat "béton", après des rumeurs démenties de contestation de certaines clauses du contrat par l'État. Certains élus suggèrent une négociation avec le géant du BTP, également exploitant de Nantes-Atlantique, et qui se place en vue de la possible privatisation des Aéroports de Paris (ADP).

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1319 commentaires - Édouard Philippe : "les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes"
  • Si l'aéroport de Nantes atlantique avait fermé que serait devenu l'usine airbus qui se trouve a coté qui en a besoin pour ces expéditions
    Elle emploi plusieurs centaines d'emplois

  • Voila à quoi sert la csg des retraités.


    engraisser Vinci ( sans rien faire )

  • première forfaiture de l'ère Macron!!!!
    Déni de démocratie en bafouant le vote populaire.
    Démission devant le diktat de quelques centaines de voyous zadistes
    Tout ça rien que pour faire plaisir à Hulot qui a fait son chantage

  • N'étant pas de la région , je n'émet ni d'avis pour ou contre . Je remarque seulement qu'après 50 ans de tergiversations des divers gouvernements et tout l'argent dépensé , enfin , un gouvernement a osé prendre une décision . Je pense aussi que l'idée d'agrandir il'aéroport de Nantes est une bonne décision . A Toulouse , l'aéroport a augmenté de moitié pour assimiler l'augmentation du trafic et des études et revendications des habitants proches à propos des nuisances ont menè à la prise en charge totale de ces problèmes . Ceci s'adresse aux plaignants à propos de l'extension de l'aéroport de Nantes . Déviation des décollages et atterrissages , et surtout iicomplète suppression de toute nuisance sonore . Je sais de quoi je parle , ma sœur habite à 500m de l'aéroport .Triples vitrages , portes renforcées , bouchages des combles , vms . Des solutions existent , il faut se battre , et aucun frais pour ces particuliers ! D'autre part , n'existe- il pas 3 autres aéroports dans la région ? Les zadistes occupent illégalement ce lieu , puisqu'ils ont eu gain de cause . A eux de remettre ce lieu dans l'état où ils l'ont trouvé . Pas simple , mais légal . Il y aura tant à faire et les contribuables vont devoir payer pelleteuses , force publique ... Dommage qu'il ait fallu 50 ans pour en arriver là et prendre enfin une décision . J'approuve le gouvernement d'avoir eu le courage d'agir .

    La décision a été prise lors du référendum en 2016...
    La parole de ce morceau de France a été violée et bafouée !
    Le président Macron a renié ses promesses de candidat !!!

    ce n'était pas un référendum mais une "consultation" locale

  • On va voir si tous ces pseudo-révolutionnaires vont en faire de même avec les péages des villes

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