En Corse, la victoire des nationalistes relance les interrogations sur une éventuelle indépendance

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 L'autonomiste Gilles Simeoni (c) fête la victoire aux élections territoriales avec ses partisans, le 3 décembre 2017 Bastia

L'autonomiste Gilles Simeoni (c) fête la victoire aux élections territoriales avec ses partisans, le 3 décembre 2017 Bastia

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© AFP, PASCAL POCHARD-CASABIANCA
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AFP, publié le lundi 04 décembre 2017 à 12h47

La large victoire de la liste nationaliste au premier tour des élections territoriales en Corse a relancé lundi le débat sur une éventuelle demande d'indépendance ou d'autonomie accrue de l'Île de Beauté, dans un contexte encore marqué par la crise catalane en Espagne.

Avec 45,36% des voix, la coalition des autonomistes de Gilles Simeoni et des indépendantistes de Jean-Guy Talamoni a largement devancé les deux listes de droite et celle de La République en Marche, réalisant un nouveau score historique, prélude à une très probable prise de contrôle de la nouvelle collectivité territoriale unique qui naîtra en janvier 2018. 

Même si elle était attendue avant le scrutin et même s'il reste un second tour à disputer dimanche prochain, ce nouveau succès des nationalistes a marqué par son ampleur. "Ce résultat est très étonnant", reconnaît auprès de l'AFP André Fazi, maître de conférences en sciences politiques à l'Université de Corse, rappelant qu'avant le scrutin, les vainqueurs de dimanche espéraient être au-dessus de 35% des suffrages : "45%, c'est énorme".

Depuis la victoire de Gilles Simeoni aux municipales à Bastia en 2014, les nationalistes corses ont multiplié les succès : aux territoriales de décembre 2015, déjà unis, MM. Simeoni et Talamoni avaient remporté une victoire historique. En juin 2017, les électeurs corses envoyaient 3 députés nationalistes à l'Assemblée nationale, sur les 4 que compte l'île - là, encore, il s'agissait d'une première.

Et sur France Inter lundi, Jean-Guy Talamoni, a du reste assuré préparer "la séquence suivante, qui pourrait être l'indépendance dans 10 ans ou dans 15 ans": "Mais il n'y aura pas d'indépendance si les Corses ne le veulent pas majoritairement. Mais si les Corses le veulent dans 10 ou 15 ans, personne ne pourra s'y opposer".

Gilles Simeoni, fils d'Edmond Simeoni, un des "pères" du nationalisme corse, a quant à lui salué auprès de l'AFP un "raz-de-marée démocratique". "La question de l'indépendance n'est pas posée aujourd'hui. (...) Nous voulons un statut d'autonomie", a-t-il aussi dit sur Europe 1 : "Les indépendantistes aujourd'hui inscrivent leur action dans un cadre exclusivement démocratique et disent que ce sont les Corses qui décideront. Si les Corses ne veulent d'indépendance, il n'y aura pas d'indépendance".

- "La nouvelle Catalogne" -

De fait, la victoire engrangée dimanche soir avec un fort taux d'abstention de près de 48%, quelques semaines après la crise catalane en Espagne, suscite des inquiétudes chez certains. "Si derrière, comme l'a dit ce matin M. Talamoni, il y a l'indépendance dans 10 ou 15 ans, bien sûr que ça m'inquiète", a ainsi déclaré sur France 2 Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes.

#Corse "Je peux comprendre qu'il y ait une volonté de proximité, une volonté de plus grande autonomie dans les décisions, autant je suis un  farouche opposant à l'indépendance", a aussi prévenu sur Public Sénat Franck Riester, député de Seine-et-Marne, ex-LR et confondateur d'Agir. 

Et si le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui avait manifesté son intérêt pour la démarche de Pé a Corsica pendant la campagne, a félicité les vainqueurs sur Twitter, saluant en Gilles Simeoni une figure du "dégagisme", son proche Alexis Corbière a prévenu sur LCI : "Je ne souhaite pas que la Corse devienne la nouvelle Catalogne".

"Nous on interprète ça comme un des éléments de ce dégagisme qu'on a observé pendant la campagne présidentielle. Ca ne veut pas dire qu'on est totalement d'accord avec ça, mais il faut l'observer, pas avec condescendance, ni arrogance", a précisé le député LFI de Seine-Saint-Denis.

Selon André Fazi, une évolution "à la catalane" relève toutefois pour le moment du "fantasme". Aux yeux du politologue, "la volonté d'indépendance dépendra des réponses du gouvernement". Dans les années 1970 en Corse, rappelle-t-il, "un des facteurs de radicalisation a été la politique fermée du gouvernement face à des demandes très modérées comme l'enseignement facultatif de la langue corse".

Pé a Corsica vise maintenant la majorité absolue des sièges à la Collectivité territoriale unique, et doit pour cela décrocher plus de 40,5% des suffrages au second tour. 

 
522 commentaires - En Corse, la victoire des nationalistes relance les interrogations sur une éventuelle indépendance
  • Il faut pas penser qu'on va libérer leurs prisonniers qui ont commis des crimes ! Le préfet Erignac n'a pas mérité la mort donnée par les Corses ! Faut pas réver ! Ils doivent le payer !

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    jimmy71  (privé) -

    L'Angleterre, la Catalogne, la Corse et probablement bien d'autres ! L'Europe se liquéfie...............!

  • Laissons les Corses reprendre leur indépendance, mais à mon avis, ils pleureront très vite quand il ne leur restera plus que le tourisme, le saucisson d'âne et les fromages de chèvre pour se payer entre autres des Canadairs... Sans compter le surcoût d'approvisionnement alimentaire, actuellement subventionné par l'Etat... On se demande pourquoi ils sont si nombreux dans la fonction publique, sur le continent...

    Cruel comme la réalité, mais très juste!

    Ce n'est pas la réalité, mais l'idée que vous vous en faites. La nuance est de taille tant cette île vous fait fantasmer. Concernant leur nombre sur le continent, les Corses dont le patronyme est caractéristique, sont plus faciles à repérer que ceux originaires des autres régions, mais vous êtes vous posé la question sur le nombre d'Auvergnats, de Bretons, de Creusois etc... ? Non sans doute, mais s'ils sont nombreux, c'est peut être parce qu'ils ont su réussir à des concours ouverts à tous et dont les reçus sont les meilleurs, n'est-ce pas une explication plausible ?

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    MV8896  (privé) -

    chère Miaella, je m'aperçois que vous êtes une acharnée à la défense de la Corse....peut être êtes vous Corse vous même, auquel cas je comprends que l'on défende sa région.....mais s'il y a une telle levée de boucliers, n'est ce pas parce que JUSTEMENT la Corse demande son autonomie ou son indépendance ou ce que vous voulez.....alors logiquement lorsqu'on veut gérer seul on n'encaisse plus les avantages actuels non???çà vous parait choquant??? pour ma part je suis toujours parti du fait qu'on ne pouvait cumuler le beurre et l'argent du beurre .......je ne parle pas du reste!!!!

  • oui, victoire ! électeurs corses 234000 exprimés 52.17 % 122077 . Siméoni 45.36 % 55374 madoloni 14.97 % 18275

    ceux qui ne se sont pas exprimé sont pour ou contre ? 111923.

    il y a plus de 800 000 corses sur le continent ,seront ils des étrangers sur leur terre, Marseille à 200 000

    corses!!!!!!!

  • Indépendance pourquoi pas
    Mais indépendance complète, pas à géométrie variable où on prend ce qu arrange et où on laisse ce qui dérange
    Soit
    Rapatriement des fonctionnaires qui souhaiteront rester français, création d’une fonction publique corse rémunérée sur un budget corse indépendant de toute subvention française.
    Création d’une monnaie corse avec un taux de change vis à vis de l’euro et des autres monnaies
    Négociation pour entrer ou non dans l’Europe
    Il va sans dire que toutes aides sociales, allocations diverses devront être versées par le gouvernement corse sur ses fonds
    Frontière entre corse et france et à l’image des accords du touquet entre Angleterre et france, rétention des migrants éventuels en corse
    Et énormément d’autres choses aussi dont je vous ferai grâce
    Moi je n’y vois aucun inconvénient, que des avantages pour le contribuable continental, à part peut-être les clementines de corse plus chères

    Je vais sans doute beaucoup vous décevoir en vous apprenant que si la Corse devient indépendante, la France ne fera pas d'économies. L'état lui verse annuellement 3,6 milliards d'euros, et la Corse lui reverse 3 milliards sous forme de divers impôts, taxes et cotisations. Les 600 millions de déficit sont comblés par la location de la base de Solenzara aux forces de l'OTAN qui y font des exercices ( Américains, Canadiens, Belges...). Je ne vois pas les avantages pour le continental, éclairez-moi.

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