En cas de "grosses vagues de froid", Barbara Pompili n'exclut pas "des coupures très courtes" d'électricité cet hiver

En cas de "grosses vagues de froid", Barbara Pompili n'exclut pas "des coupures très courtes" d'électricité cet hiver©PASCAL PAVANI / AFP

publié le jeudi 19 novembre 2020 à 11h50

En cause : le confinement qui a bousculé le planning de maintenance des réacteurs nucléaires, qui fournissent 70% de l'électricité française. 

L'épidémie de Covid-19 aura aussi des répercussions sur l'alimentation du pays en électricité cet hiver. Ainsi, des "coupures très courtes" d'électricité pourront être envisagées en cas de "grosses vagues de froid", a averti jeudi 19 novembre la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.



"Si on a des moments de grosses vagues de froid, il va falloir faire de la régulation. Faire de la régulation, ça veut dire travailler avec les industries pour qu'elles puissent arrêter leur production à certains moments (...) Ça c'est des contrats qu'on a avec des entreprises, avec des gros producteurs", a expliqué la ministre sur BFMTV. "A l'extrême, on peut envisager des coupures très courtes", a-t-elle ajouté, assurant néanmoins qu'"il n'y aura pas de blackout".

La cause de cette situation ? La pandémie de Covid-19qui a bousculé le planning de maintenance des réacteurs nucléaires au printemps. "D'habitude en été ou au printemps, on arrête les centrales nucléaires pour l'entretien, pour remettre du combustible, toutes ces choses-là qu'on n'a pas pu faire correctement pendant le confinement", a expliqué Barbara Pompili.

"Aujourd'hui, on a un problème avec cela et comme on a 70% de notre électricité qui est liée au nucléaire, quand on a un problème sur le nucléaire, derrière il faut gérer", a-t-elle poursuivi. "On a géré, on a travaillé avec EDF pour replanifier les arrêts des centrales pour pouvoir s'adapter à la demande, mais aujourd'hui s'il y a un degré de baisse d'électricité, c'est l'équivalent de la production de deux réacteurs nucléaires", a estimé Barbara Pompili.

Le gestionnaire du réseau RTE a de son côté expliqué jeudi que l'approvisionnement électrique de la France cet hiver allait faire l'objet d'une "vigilance particulière", notamment en février en cas de grand froid. La situation est celle d'un "mois de décembre plus serein que prévu, un mois de janvier normalement tendu en cette période statistiquement la plus froide de l'année, et enfin un mois de février difficile", a détaillé le président de RTE, Xavier Piechaczyk, lors d'une conférence de presse.


"En février, compte tenu de la réduction du parc de production, le risque est accru par rapport aux années précédentes", a souligné Xavier Piechaczyk. "Ce qui poserait problème serait une vague de froid durable, particulièrement intense, ou alors une vague de froid combinée à d'autres facteurs défavorables comme une absence de vent", a-t-il ajouté.

RTE rappelle que plusieurs leviers, outre les importations des pays voisins, sont à sa disposition pour assurer l'approvisionnement et éviter une panne généralisée. Parmi ces solutions figurent l'arrêt de la consommation d'industriels gros consommateurs d'électricité ou une légère baisse de la tension sur le réseau de distribution. Des coupures localisées et temporaires peuvent enfin être organisées "en tout dernier recours".
 

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