En 2018, violences sexuelles à la baisse mais agressions physiques en hausse

En 2018, violences sexuelles à la baisse mais agressions physiques en hausse
Baisse des violences sexuelles, des cambriolages ou des vols de voitures mais hausse des agressions physiques en 2018
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, publié le jeudi 12 décembre 2019 à 11h31

Baisse des violences sexuelles, des cambriolages ou des vols de voitures mais hausse des agressions physiques: comme chaque année, une vaste enquête statistique, rendue publique jeudi, donne une photographie de la délinquance en France en interrogeant les victimes.

Cette étude "victimation et perception de l'insécurité", menée par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et l'Insee, permet de mesurer l'évolution de la délinquance en 2018 au-delà des seules statistiques de la police et de la gendarmerie, en sondant les Français qui ne portent pas systématiquement plainte. En voici les principaux enseignements. 

.Violences sexuelles

Le nombre de victimes de violences sexuelles hors ménage chute à 185.000 contre 265.000 en 2017. L'année dernière, l'ONDRP et l'Insee avaient constaté une hausse importante du nombre de victimes de ces violences, attribuée à un "contexte de libération de la parole" dans le sillage du mouvement #MeToo. 

Comme chaque année, une faible proportion de ces victimes (13%) porte plainte, même en cas de viols ou de tentatives de viols (21%). Selon l'ONDRP et l'Insee, près de deux tiers de ces victimes ont déclaré ne pas porter plainte car "cela n'aurait servi à rien". 

Autre enseignement de l'enquête, le silence dans lequel se murent certaines victimes. Une sur cinq n'en avait ainsi parlé à personne, relève l'étude. 

.Agressions physiques

A rebours de nombreux indicateurs, elles enregistrent une nouvelle augmentation en 2018. 693.000 personnes âgées de plus de 14 ans, ont déclaré en avoir été victimes, soit  1,3% de la population française. S'il est en augmentation depuis l'étiage de 2016 (575.000), ce chiffre est à mettre au regard du nombre de victimes constaté à la fin des années 2000 (pic de 875.000 en 2008). 28% d'entre elles déposent plainte ou une main courante.  

.Vols de voitures

Le niveau des vols de voitures a atteint un étiage en 2018 avec 198.000 déclarations, soit le niveau le plus bas depuis 2006. Les vols de deux-roues sont également à un niveau historiquement faible (44.000). Le nombre de vols de vélos continue de baisser pour s'établir à 318.000 mais ils font l'objet d'une sous-déclaration auprès des forces de l'ordre.

.Cambriolages

Le nombre de ménages victimes de cambriolages de leur résidence principale baisse à 490.000 (-14%) après le record enregistré en 2017 (569.000). Le niveau de cambriolages déclarés reste cependant loin du plus bas niveau de 2008 (349.000). 

C'est dans l'agglomération parisienne et les villes de plus de 100.000 habitants que le taux de victimation est le plus élevé (2,3%). Ces faits surviennent le plus souvent l'été ou en fin d'année.

En 2018, 795.000 ménages de France métropolitaine ont déclaré à l'enquête un cambriolage dans leur résidence principale ou d'un autre logement possédé ou loué, soit 2,7% du total des ménages. 

Les actes de vandalisme sur le lieu d'habitation ont également diminué (580.000). 

.Vols avec violences

Le nombre de vols ou tentatives de vols avec violence a chuté à 166.000 en 2018. Dans 52% des cas, il s'agit de vols à l'arraché. Dans 44% des cas, l'objet ciblé est un téléphone portable. Plus de la moitié des victimes de ces vols ont moins de 30 ans. 

. Escroquerie

Les débits frauduleux sur comptes bancaires, qui sont en forte hausse depuis 2010, continuent d'augmenter avec 1,2 million de ménages victimes en 2018. Le montant médian de ces fraudes est de 150 euros, mais pour 13% d'entre elles, le montant grimpe à plus de 1.000 euros. Ces préjudices se caractérisent par un faible taux de plaintes (23%). 

. Sentiment d'insécurité

En 2019, 21% des personnes déclarent se sentir en insécurité dans leur quartier ou village, ce qui correspond à 11,1 millions de personnes. Depuis 2014, cette tendance est stable. C'est dans l'agglomération parisienne que ce sentiment est le plus prégnant (29%). Idem pour les femmes (26%) et les jeunes de 18-29 ans (26%).

. Terrorisme

20% des Français considèrent le terrorisme comme le problème le plus préoccupant en 2019, soit une diminution très significative de 10 points par rapport à 2018. Il est suivi par la pauvreté et le chômage.

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