Emmanuel Maurel : "Je n'annonce pas un départ mais une scission" avec le PS

Emmanuel Maurel : "Je n'annonce pas un départ mais une scission" avec le PS
Emmanuel Maurel le 24 juin 2017 à Paris.
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Orange avec AFP, publié le vendredi 12 octobre 2018 à 08h37

Selon l'ex-chef de file de l'aile gauche du PS, le parti n'a pas su tirer les leçons de l'échec de François Hollande. 

"Je n'annonce pas un départ mais une scission". Le député européen Emmanuel Maurel a annoncé vendredi 12 octobre dans une interview au Monde sa décision de quitter le PS. Le député européen emmène dans son sillon des socialistes désireux de se rapprocher de La France insoumise. "Aujourd'hui, je ne pars pas seul, mais avec de nombreux militants, des centaines de cadres et d'élus sur l'ensemble du territoire", affirme Emmanuel Maurel. Ainsi, Marie-Noëlle Lienemann quitte le parti socialiste avec lui, selon les informations du Monde. 

Ce départ est tout sauf une surprise. Depuis plusieurs semaines, cette figure de l'aile gauche du PS et ses proches en agitaient la menace. En septembre, "Nos Causes communes", le club créé par le courant de M. Maurel et le MRC (Mouvement républicain et citoyen), avait accueilli Jean-Luc Mélenchon lors d'une université d'été à Marseille.

"Un choix, celui de la rupture"

Emmanuel Maurel rejoint-il La France insoumise ? "Je ne pose pas les choses comme ça. Il y a d'abord un choix, celui de la rupture (...) C'est aussi une volonté, celle de donner une maison à la gauche républicaine. Le travail commencé avec les amis du Mouvement républicain et citoyen y contribuera", affirme celui qui devrait toutefois apparaître sur les listes LFI lors des prochaines élections européennes de 2019. "Notre objectif est de préparer le Front populaire du XXIe siècle", en reconnaissant à La France insoumise "une place de choix : celle que les électeurs lui ont donné", assure le député européen, qui militait au PS depuis 25 ans.

Hollande responsable de l'échec du PS

Les raisons de son départ ? "Je n'ai pas supporté que les principaux dirigeants du PS accréditent la thèse des  'deux gauches irréconciliables', ni qu'ils mènent une politique qui n'a pas contribué à l'amélioration des conditions de vie matérielles et morales des gens qu'ils étaient censés représenter", explique-t-il au Monde. Il reproche également à ses anciens amis de ne pas avoir "tiré les leçons du quinquennat de François Hollande" qui est selon lui responsable de l'échec du PS. "La Hollandie a fait la courte échelle à Emmanuel Macron : il est leur créature. Les mêmes qui ont contribué à cet avènement, voté Macron au premier tour, demandé leur investiture à En marche !, nous donnent aujourd'hui des leçons de socialisme ! Je n'accepte pas cette hypocrisie". 

Le PS minimise

Jeudi, la direction du PS a condamné par avance l'annonce de son ancien membre. "Nous avons tout fait pour essayer de maintenir les différentes sensibilités au sein du parti (...) Jamais la position du PS n'a été aussi claire sur les questions européennes. C'est incompréhensible", a regretté Pierre Jouvet, un proche du premier secrétaire Olivier Faure. Celui-ci avait minimisé jeudi matin ce départ avant même qu'il ne soit officiel. "Si quelques uns s'enfuient pour aller chez Mélenchon, pour être sur une liste, c'est une aventure individuelle. (...) Il y a en réalité très peu de monde concerné par cet éventuel départ". 

Le texte d'orientation d'Emmanuel Maurel, "L'Union et l'espoir", a obtenu 18,8% des voix lors du Congrès d'Aubervilliers, et 13 fédérations dont celle des Bouches-du-Rhône. Sa première fédérale Nora Mebarek restera selon M. Baumel dans le giron du PS.

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