Emmanuel Macron veut empêcher une "judiciarisation de la vie politique"

Emmanuel Macron veut empêcher une "judiciarisation de la vie politique"
Le président de la République Emmanuel Macron.

publié le lundi 18 octobre 2021 à 18h05

Le président de la République s'exprimait dans le cadre des états généraux de la justice.


"Citer" des responsables publics dans une "procédure pour une crise qui est encore en cours" est "loin de l'apaisement", a déclaré Emmanuel Macron, dans une référence à peine voilée au sort réservé à l'ex-ministre Agès Buzyn, mise en examen en septembre par la Cour de justice de la République pour "mise en danger de la vie d'autrui", en raison de sa gestion de l'épidémie de Covid-19. 

"Quand des responsables, ministres, fonctionnaires, élus se trouvent cités dans une procédure pour une crise qui est encore en cours, nous sommes loin de l'apaisement et de l'équilibre", a poursuivi le président de la République en ouverture des Etats généraux de la justice, à Chasseneuil-du-Poitou, en périphérie de Poitiers.

Des milliers de plaintes ont été déposées et la CJR mène également depuis juillet 2020 une instruction concernant le successeur d'Agnès Buzyn, Olivier Véran et l'ancien Premier ministre Edouard Philippe.

Emmanuel Macron a évoqué plus largement "un grand phénomène qui tend à s'accélérer", "principalement sous l'influence des pays anglo-saxons" de "pénalisation des relations sociales" en direction des "fonctionnaires, médecins, scientifiques, directrices et directeurs d'école, élus".


Ce "mouvement orchestré par des citoyens souvent devenus procureurs a gagné de plus en plus de champs de nos relations sociales", a-t-il mis en garde.

Le chef de l'Etat a appelé à "trouver les bons termes dans la mise en oeuvre de la responsabilité des élus et responsables publics dans ce contexte de pénalisation".

Redéfinir les termes de la responsabilité

A ses yeux, il faut à la fois "redéfinir les termes de la responsabilité politique" et les "champs de la responsabilité pénale des fonctionnaires, élus et ministres" . "C'est parce que le monde politique a en quelque sorte perdu la culture de la responsabilité vis-à-vis des citoyens que s'exerce la recherche d'autres formes de responsabilités", estime le président de la République.

"J'avais moi-même porté en début de mandat, l'idée de suppression de la Cour de justice de la République", a-t-il rappelé, à propos de cette juridiction d'exception, seule à même de juger les ministres

"Les circonstances rendent cette réforme caduque aujourd'hui, mais la logique reste plus actuelle que jamais", considère Emmanuel Macron.

Le 16 juillet, la CJR a par ailleurs mis en examen pour prise illégale d'intérêts le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, soupçonné d'avoir profité de sa fonction pour régler ses comptes avec des magistrats avec lesquels il avait eu maille à partir quand il était avocat, ce qu'il réfute. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.