Electricité : Ségolène Royal avertit EDF face aux craintes de pénurie

Electricité : Ségolène Royal avertit EDF face aux craintes de pénurie
Ségolène Royal, le 16 septembre, à Washington

, publié le vendredi 21 octobre 2016 à 16h30

C'est un avertissement en bonne et due forme. La ministre de l'Environnement Ségolène Royal a adressé un courrier à la direction d'EDF pour lui enjoindre d'"assurer la continuité de l'approvisionnement" en électricité du pays, en dépit de l'arrêt prochain de plus d'un tiers du parc nucléaire, dans une lettre révélée ce vendredi 21 octobre par Le Parisien.

"Il est impératif qu'EDF se prépare à maîtriser la situation pour assurer la continuité de l'approvisionnement", prévient la ministre de l'Environnement dans sa lettre au PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy et datée du 10 octobre.

"La sécurité d'approvisionnement du territoire français en électricité doit être assurée. EDF, premier producteur d'électricité en France, est dépositaire d'une forte responsabilité dans la garantie de cet approvisionnement", insiste-t-elle.

PLUS D'UN TIERS DES RÉACTEURS À L'ARRÊT

Selon RTE, le gestionnaire du réseau électrique à haute tension, 20 des 58 réacteurs nucléaires exploités par EDF en France étaient hors service mercredi. Le groupe va en outre être contraint de stopper cinq réacteurs supplémentaires, en raison d'une anomalie dans la composition de l'acier d'équipements clefs.

"Les prévisions relatives à l'équilibre offre-demande d'électricité présentées jusqu'ici par EDF ne prennent pas en compte ce risque d'indisponibilité accrue du parc nucléaire", s'inquiète Ségolène Royal dans sa lettre. "Je vous demande en particulier d'anticiper d'éventuelles demandes de l'ASN (Autorité de Sûreté Nuclaire) conduisant à des indisponibilités supplémentaires de certains réacteurs, et de mettre en oeuvre tous les moyens en votre pouvoir afin de contribuer à la sécurité d'approvisionnement cet hiver, ainsi que dans les prochaines années" conclut-elle.

"SITUATION PLUS DIFFICILE QU'HABITUELLEMENT

Le patron d'EDF s'est lui voulu rassurant. "Nous connaissons actuellement une situation plus difficile qu'habituellement. Nous mettons tout en oeuvre pour nous assurer qu'un maximum de réacteurs nucléaires seront en situation de fonctionner entre le début de mois de décembre et la fin du mois de février, période la plus exigeante du point de vue des besoins en électricité", a écrit Jean-Bernard Lévy dans sa réponse datée du 14 octobre.

Se disant "confiant" dans la sûreté des installations du groupe, il estime "faible" le risque de devoir déployer des mesures de baisses de tension, de délestage ou d'effacement (réduction volontaire par certains clients de leur consommation d'électricité).

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