Electricité : la Fondation Abbé Pierre réclame "un service minimum" de 1000 watts et l'abolition des coupures

Electricité : la Fondation Abbé Pierre réclame "un service minimum" de 1000 watts et l'abolition des coupures
Le médiateur de l'énergie met en garde face à une augmentation du nombre de foyers en situation de précarité énergétique (illustration)
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publié le jeudi 21 octobre 2021 à 12h00

Selon un rapport du médiateur de l'énergie, plus d'un Français sur cinq dit avoir souffert du froid dans son logement cette année.

A l'approche de l'hiver, la flambée des prix de l'énergie accentue les difficultés des foyers les plus précaires, dont beaucoup peinent à se chauffer. Face à cette précarité énergétique qui touche 5,6 millions de ménages en France, la fondation Abbé Pierre milite pour un service minimum de l'électricité, dont les grandes lignes sont révélées ce jeudi 21 octobre dans les colonnes du Parisien/Aujourd'hui en France.

L'association réclame ainsi que les coupures de courant ne puissent plus intervenir pour des impayés.

La structure plaide pour le maintien d'une puissance minimale fournie au foyer, qui lui permettrait de continuer à disposer d'énergie. Dans les faits, ce "service "minimum" de l'électricité consisterait en une puissance de 1000 watts, disponible pour les ménages qui en l'état actuel demeurent sous la menace de coupures. "De quoi faire chauffer un repas, allumer la lumière pour faire les devoirs et maintenir en route un frigo mais pas faire fonctionner un chauffe-eau ou une machine à laver", indique le représentant de la FAP, tout en précisant que le dispositif ne signifie pas pour autant l'annulation des dettes


Selon un baromètre du médiateur de l'énergie, un Français sur cinq dit avoir souffert du froid dans son logement cette année, un chiffre en hausse de près de 50%. "La situation est préoccupante", a alerté le médiateur national de l'énergie dans le cadre de son baromètre annuel, mettant en lumière une "augmentation du nombre de foyers en situation de précarité énergétique". Ainsi, près de 20% des foyers interrogés ont déclaré avoir souffert du froid pendant au moins 24 heures dans leur logement, alors qu'ils n'étaient que 14% en 2020. Une mauvaise isolation et un hiver rigoureux sont cités parmi les principales causes de cette situation, mais 60% des Français ont assuré avoir réduit le chauffage chez eux pour alléger leur facture. Ce chiffre a doublé en deux ans. "On peut craindre une augmentation des coupures pour impayés à la fin de la trêve hivernale", le 31 mars, a prévenu le médiateur national de l'énergie Olivier Challan Belva, cité dans le communiqué.


En 2021, un quart des Français ont déjà rencontré des difficultés à payer certaines factures de gaz et d'électricité, mais la proportion monte à près de la moitié chez les 18-34 ans.  Depuis le début de l'année, les tarifs réglementés du gaz ont augmenté de 57% et le prix de l'électricité est affecté par ces mouvements. Le gouvernement a décidé de bloquer les prix du gaz de début octobre jusqu'en avril, afin de constituer un "bouclier tarifaire" face à ses augmentations constantes. Il limitera aussi à 4% la prochaine hausse des prix de l'électricité, prévue en février 2022. Le sondage a été réalisé en ligne du 6 au 21 septembre auprès de 2.016 foyers par l'institut becoming. 

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