Électricité: la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine à l'arrêt dès jeudi

Électricité: la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine à l'arrêt dès jeudi
La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, en 2011

Orange avec AFP, publié le mercredi 25 mai 2016 à 10h51

Déjà affecté par les blocages des raffineries à travers la France, le secteur de l'énergie est menacé par une baisse de la production d'électricité. Les salariés de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, dans l'Aube, ont "voté la grève", qui va entraîner une diminution de production de l'ordre "de 75%".

La "baisse de charge" décidée en assemblée générale mardi 24 mai doit aboutir à l'arrêt total du réacteur numéro 2 du site. Le réacteur numéro 1 n'est lui actuellement pas exploité en raison d'un problème technique. "On fera en sorte de ne pas le redémarrer, quant au réacteur n°2, il y aura une baisse de charge, avec l'idée de l'arrêter totalement" a précisé Arnaud Pacot, secrétaire général CGT-Energie Aube. En temps normal, les deux réacteurs produisent 2.600 megawatts. Les précédentes journées de mobilisation des personnels des centrales nucléaires françaises contre la Loi Travail avaient eu comme effet des baisses de charge cumulées de 10000 à 13000 mégawatts.

UN BLOCAGE QUI EN APPELLE D'AUTRES?

Les conséquences de cette diminution de l'activité ne devrait pas avoir d'impacts majeurs dans l'immédiat. En 2015, le site de Nogent-sur-Seine ne représentait que 4% de la production totale d'électricité du parc nucléaire français d'EDF. La menace de blocages d'une ampleur plus importante reste toutefois en suspens. "Cela devrait se généraliser" sur plusieurs sites nucléaires en France, a ainsi prévenu la CGT-Energie à I-Télé.

Le syndicat avait appelé mardi à un mouvement d'action "le plus fort possible" jeudi contre la loi El Khomri et la dégradation de la filière. "C'est le moment d'accentuer la mobilisation. Nous appelons à un mouvement le plus fort possible", avait ainsi déclaré la porte-parole de la fédération nationale mines-énergie (FNME-CGT) Marie-Claire Cailletaud. "Des coupures électriques ont déjà eu lieu aujourd'hui (mardi) dans plusieurs quartiers de Nantes ainsi que dans le plus grand centre commercial d'Europe à Marseille, mais les baisses de charge pourraient être plus importantes jeudi", avait-elle prédit.

Jeudi, les syndicats opposés à la loi El Khomri, la CGT et FO en tête, appellent à une huitième journée de grèves et de manifestations partout en France pour réclamer le retrait du texte.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.