Electricité à prix réduit : Bruno Le Maire met en garde les fournisseurs d'énergie

Electricité à prix réduit : Bruno Le Maire met en garde les fournisseurs d'énergie
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire

publié le vendredi 21 janvier 2022 à 11h18

Selon les engagements récents pris par le gouvernement, EDF va devoir vendre à un prix réduit jusqu'à 40 % de sa production électrique en 2022.

"Nous veillerons au grain". Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a mis en garde les fournisseurs d'énergie quant à la répercussion de la baisse des tarifs d'électricité d'EDF, annoncée le 14 janvier. "Nous nous assurerons que les fournisseurs répercutent bien l'intégralité de la baisse des prix sur le consommateur final" s'est engagé le ministre, interrogé sur Public Sénat, en pleine flambée des prix de l'énergie.


Bruno Le Maire a ajouté qu'il veillerait "personnellement à ce que la répercussion de la baisse des prix soit intégrale" pour qu'"au passage les fournisseurs ne s'en mettent pas plein les poches".




Le gouvernement a annoncé qu'il allait contraindre EDF à vendre davantage d'électricité à bas prix à ses concurrents afin de protéger le pouvoir d'achat des Français. EDF va ainsi vendre à un prix réduit jusqu'à 40 % de sa production électrique en 2022, au lieu de vendre aux prix forts du marché, et perdre environ 8 milliards sur son excédent brut d'exploitation 2022, selon le groupe.

"Il est légitime de demander un effort à EDF quand nous pensons que l'intérêt général est en jeu" a justifié Bruno Le Maire sur Public Sénat. 

"150 entreprises auraient pu fermer" 

La Commission de régulation de l'énergie (CRE), chargée de surveiller la vente d'électricité à bas prix par EDF à ses concurrents, a affirmé qu'elle dénoncerait toute "rente indue" des fournisseurs. A trois mois de l'élection présidentielle, la question de l'inflation des prix énergétique est explosive pour le gouvernement. 

"Pour les consommateurs industriels d'électricité, l'enjeu était existentiel, sans intervention du gouvernement, 150 entreprises électro-intensives auraient pu fermer", menaçant ainsi directement quelque "45.000 emplois", sans compter tous ceux des entreprises clientes en aval de la chaîne, a affirmé un conseiller au cabinet de la ministre déléguée à l'Industrie, lors d'un briefing avec la presse.

Une hausse mécanique de 45 % ?

Face à la flambée historique des prix du gaz et de l'électricité en Europe en 2021, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé en septembre un bouclier tarifaire pour limiter à 4 % l'augmentation des tarifs réglementés de l'électricité en 2022. Alors que la hausse mécanique aurait frôlé les +45 % le 1er février, selon le régulateur, sur la base des prix du marché.

Pour y parvenir, le gouvernement a annoncé le 14 janvier une augmentation de 20 terawattheures (TWh) du volume d'électricité nucléaire vendu à prix réduit par EDF cette année au bénéfice des industriels comme des particuliers, un mécanisme appelé Arenh (pour "accès régulé à l'électricité nucléaire historique"). Ce qui a déclenché la grogne d'EDF, direction et syndicats compris.

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