Elections départementales et régionales : le Parlement reporte le vote en juin

Elections départementales et régionales : le Parlement reporte le vote en juin
Le gouvernement s'est engagé sur le report des élections les 13 et 20 juin mais le texte ne fixe pas de dates précises.

, publié le mardi 16 février 2021 à 22h30

Les élections départementales et régionales en France, prévues au mois de mars, ont été reportées au mois de juin par un vote mardi 16 février au Sénat, à cause de la situation sanitaire dans le pays.  

Le Parlement a définitivement adopté, mardi 16 février, par un ultime vote à main levée du Sénat, le report des élections départementales et régionales de mars à juin, pour cause d'épidémie de Covid-19.

Le gouvernement s'est engagé sur les 13 et 20 juin mais le texte ne fixe pas de dates précises.

Marlène Schiappa a assuré "qu'il n'y a pas de clause automatique de revoyure". "S'il fallait décaler à nouveau les scrutins, ce que le gouvernement ne souhaite pas, je le répète, il faudrait que le Parlement puisse voter une nouvelle loi". 

 Pourquoi les élections sont-elles reportées ? 

Avec le reconfinement de novembre dernier et les incertitudes sur l'évolution de l'épidémie de coronavirus, le maintien des élections régionales et départementales aux dates initialement prévues en mars s'avérait difficile. Dans un rapport rédigé à la demande du gouvernement, l'ancien président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré a tranché entre ceux qui souhaitaient un report au-delà de la présidentielle et ceux qui ne voulaient rien changer, en préconisant le mois de juin. Il revient désormais au gouvernement de fixer les dates par décret. Mais la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa a déjà annoncé qu'elles auraient lieu les 13 et 20 juin.  


Un report définitif ?

Pas forcément. Si les conditions sanitaires se détériorent, un nouveau report pourrait être envisagé. Dans le texte approuvé mardi soir par un ultime vote du Sénat, il est prévu au plus tard pour le 1er avril la remise d'un rapport du gouvernement au Parlement, sur la base d'"une analyse de comité de scientifiques". Il évaluera "les risques sanitaires à prendre en compte et les adaptations nécessaires à la tenue des scrutins et des campagnes électorales les précédant". 

Quels sont les enjeux ?

Pour l'opposition, les régionales devraient servir de rampe de lancement pour leur candidat à la présidentielle. A droite, elles pourraient faire office de primaire pour départager des candidats potentiels comme Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes), Valérie Pécresse (Ile-de-France) ou Xavier Bertrand (Hauts-de-France). Pour leur part, socialistes et écologistes attendent de ce scrutin qu'ils confirment leurs bons résultats aux municipales et leur donnent des ailes pour 2022.  

Quant à la majorité, elle aborde ces élections avec autant d'enjeux que de périls. Elle cherche d'ailleurs ses têtes de liste non sans difficulté, notamment pour l'Ile-de-France, après le refus du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer de se présenter.   Sans attendre les résultats des régionales, Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Marine Le Pen (RN) ont déjà enjambé les régionales pour se porter candidats à la présidentielle. Le Rassemblement national, qui a frôlé la victoire il y a six ans dans les Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, attend de ces élections qu'elles renforcent ses ambitions présidentielles. 

Qui vote ?

Sont appelés aux urnes les électeurs des 13 grandes régions métropolitaines, nées il y a cinq ans de la réforme territoriale menée sous le quinquennat de François Hollande sans avoir tenu toutes leurs promesses comme les économies attendues. Mais la crise du Covid leur a donné l'occasion de démontrer leur importance économique. Les assemblées de Corse, de Guyane et de Martinique seront également renouvelées. Les conseillers départementaux seront aussi élus, après avoir démontré à leurs citoyens le rôle crucial des départements pendant l'épidémie, notamment dans la distribution de masques.  

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