Effondrements à Marseille : déjà 83 immeubles évacués

Effondrements à Marseille : déjà 83 immeubles évacués
Une marche organisée à Marseille contre les logements insalubres le 14 novembre 2018.

Orange avec AFP, publié le vendredi 16 novembre 2018 à 14h51

Plus de 800 personnes ont été évacuées de leur logement après l'effondrement de deux immeubles à Marseille lundi 5 novembre. Huit personnes avaient été tuées dans le drame. 

Le 5 novembre dernier, les numéros 63 et 65 de la rue d'Aubagne s'effondraient à Marseille (Bouches-du-Rhône), faisant huit victimes. Depuis, plus de 800 Marseillais ont dû évacuer leur appartement.

Onze jours après le drame du quartier populaire de Noailles, "ça n'arrête pas", lâche un marin-pompier dépêché jeudi 15 novembre sur une évacuation d'immeuble. Au total, 834 personnes ont été évacuées de 83 bâtiments, devenus fantômes, à travers la ville, selon la mairie, qui applique désormais le principe de précaution. 

Au moindre doute, "c'est le couperet"

"Les dossiers se multiplient, parce qu'il y a un peu de psychose. Mais en même temps, pour de nombreux dossiers, on s'aperçoit que c'est assez fondé", commente Me Jérôme Rambaldi, un avocat qui défend plusieurs évacués. "Ça permet malheureusement de mettre l'accent sur les difficultés qui sont rencontrées dans l'habitat marseillais dans de nombreux quartiers", où les questions de mal-logement étaient bien connues, ajoute-t-il.

"En ce moment, il n'y a pas de zone grise": au moindre doute sur la sécurité de l'immeuble, "c'est le couperet" et les habitants sont évacués, explique à l'AFP un architecte qui s'apprête à inspecter un bâtiment.

Les services de la mairie perquisitionnés

Des perquisitions étaient en cours vendredi 16 novembre dans la matinée chez les experts ayant visité les immeubles qui se sont effondrés le 5 novembre à Marseille, faisant 8 morts, a annoncé à l'AFP le procureur de la République Xavier Tarabeux. Onze jours après le drame, la police judiciaire marseillaise a déjà perquisitionné des services de la mairie et de Marseille Habitat, son bailleur social, et les domiciles des propriétaires de l'immeuble numéro 65 rue d'Aubagne.

L'enquête vise à déterminer les causes exactes du drame et à établir d'éventuelles responsabilités dans l'effondrement de ces immeubles vétustes, situés dans un quartier populaire de l'hyper-centre.

Mercredi soir, des heurts avaient éclaté entre des manifestants et la police lors d'une marche de la colère organisée à Marseille contre le logement insablubre. 

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