Effets secondaires du vaccin AstraZeneca : des soignants rapportent des syndromes grippaux "de forte intensité"

Effets secondaires du vaccin AstraZeneca : des soignants rapportent des syndromes grippaux "de forte intensité"
Préparation d'une seringue de vaccin à Copenhague le 11 février 2021.

, publié le vendredi 12 février 2021 à 08h40

149 professionnels de santé, âgés de 34 ans en moyenne ont fait part d'effets secondaires les empêchant de travailler après avoir reçu une dose de vaccin AstraZeneca.

Fièvre élevée, courbatures, céphalés... L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rapportent dans un communiqué de presse publié jeudi 11 février, avoir comptabilisé 149 remontées de professionnels de santé mentionnant "des syndromes grippaux de forte intensité" après avoir reçu une dose du vaccin AstraZeneca.

Ces professionnels de santé âgés de 34 ans en moyenne figurent parmi les quelque 10.000 personnes vaccinées entre le 6 et le 10 février.

"Ces effets indésirables sont connus et décrits avec les vaccins", indique l'ANSM. Le lot incriminé a toutefois fait l'objet d'un "contrôle strict de sa qualité pharmaceutique". Alors qu'il a été utilisé dans 21 autres pays de l'UE, il n'y pas eu à ce jour "de déclarations équivalentes dans d'autres pays", poursuit l'Agence. "Les établissements de santé sont informés de ce signal potentiel" et pour "limiter le risque" de perturbation du fonctionnement des services de soin, il est recommandé de vacciner de façon échelonnée le personnel d'un même service, indique l'agence sanitaire en recommandant, si besoin, de privilégier l'utilisation du paracétamol à la dose la plus faible et le moins longtemps possible.

Des soignants alités

Le Monde rapporte que ces effets secondaires empêchent les soignants de travailler. "Plusieurs soignants vaccinés font part d'effets secondaires les empêchant de travailler, durant parfois jusqu'à vingt-quatre heures", précise le quotidien du soir. "Alors qu'il prenait sa garde dans une clinique parisienne, jeudi 11 février, le médecin généraliste Jean-François Corty a appris de sa consœur que la quasi-totalité de la dizaine de soignants vaccinés au cours de la journée avait eu de tels symptômes, nécessitant d'être alités et de prendre des "antalgiques plus forts que du paracétamol". "Ma collègue a décidé d'arrêter la vaccination de son équipe et a fait une alerte à l'ANSM, dont elle attend le retour", rapporte-t-il.'


 
Interrogé sur ces effets secondaires vendredi matin au micro de Franceinfo, Alain Fischer, président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale a indiqué : "Apparemment il semble y en avoir un peu plus qu'attendu. (...) Mais on sait qu'une fraction des personnes, notamment des personnes jeunes, peuvent développer ce genre de symptômes". "C'est un signal et tout signal doit être pris au sérieux et analysé (...). L'ANSM recommande d'espacer la vaccination des professionnels de santé dans un même établissement, de telle manière qu'on ne se retrouve pas au même moment avec trop de personnes qui seraient absentes. Cela me paraît la mesure de sagesse adaptée", a-t-il poursuivi.

Hypertension artérielle relevé pour Comirnaty

Du côté du vaccin Comirnaty de Pfizer/BioNTech, ce sont les cas d'hypertension artérielle qui retiennent l'attention. Les 73 cas d'hypertension artérielle, de courte durée, déclarés depuis le début de la vaccination avec le vaccin Pfizer/BioNTech contre le Covid-19, ne remettent pas en cause sa sécurité, mais "constitue un signal qui doit être surveillé", a estimé jeudi l'Agence du médicament ANSM.



 Le Centre hospitalier de Saint-Lô (Manche) a indiqué jeudi dans un communiqué revoir ses plannings afin de se conformer à cette précaution après que certains de ses services aient été perturbés en raison d'une forte proportion de malaises chez les personnels vaccinées. L'ANSM précise que le lot de ce vaccin, utilisé depuis le 6 février, qui a fait l'objet d'un contrôle strict avant sa commercialisation, "a été utilisé dans 21 autres pays de l'UE" et "qu'à ce jour, il n'y a pas de déclarations équivalentes dans d'autres pays".

"L'augmentation de la tension artérielle, immédiatement après la vaccination ou de façon différée, a été de courte de durée et d'évolution favorable. Les experts des centres régionaux de pharmacovigilance considèrent que la survenue d'une hypertension artérielle après une vaccination ne remet pas en cause la sécurité du vaccin Comirnaty mais constitue un signal qui doit être surveillé. Ces résultats seront partagés avec l'EMA dans le cadre de l'évaluation européenne", indique l'ANSM. "Devant tout symptôme évocateur d'une hypertension artérielle tel qu'un malaise, des maux de têtes, des vertiges, nous recommandons aux personnes vaccinées d'effectuer un contrôle de la pression artérielle pour une prise en charge médicale la plus précoce possible si cela s'avère nécessaire", recommande-t-elle.  "A ce jour, il n'y a pas de signal de sécurité avec le vaccin Moderna",  ajoute l'ANSM.

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