France

Éducation : un mail sur l'absentéisme le jour du ramadan provoque la polémique à Toulouse et Montpellier

Envoyés tantôt par un haut-fonctionnaire de l'éducation nationale, tantôt par des policiers, des mails demandant à recenser le taux d'absentéisme du 21 avril dernier, jour de l'Aïd, ont provoqué une vague d'indignation et d'incompréhension.

Une requête qui ne passe pas. Entre fin avril et début mai, plusieurs établissements scolaires de Montpellier (Hérault) et de Toulouse (Haute-Garonne), ont reçu des mails un peu particuliers de la part de la police et de l’Éducation nationale.

Dans le premier cas, tous les chefs d’établissement des collèges et lycées de l’Hérault ont reçu le même message, indique Le Monde : "Nous sommes interrogés sur l’absentéisme scolaire au cours de la période du ramadan (…) et particulièrement sur la journée du 21 avril, jour de l’Aïd", écrit ainsi un haut fonctionnaire du service départemental de l’Éducation nationale, questionnant sur le taux d’absentéisme du 21 avril et souhaitant savoir si le ramadan avait un quelconque rapport avec ceci.

À Toulouse, même procédé, à la différence seule que le mail ne provient non pas d’un ministère, mais directement de la police, explique La Dépêche. "À la demande des services de renseignements et pour effectuer un bilan sur cette journée, nous vous sollicitons pour connaître le taux d’absentéisme le vendredi 21 avril, lors de la fête de l’Aïd. Merci de nous faire un retour rapidement", est-il demandé par les correspondants police-sécurité-école d'un commissariat situé dans le quartier de Bagatelle, souligne le quotidien.

"Demande choquante"

Ces demandes de renseignements ont rapidement suscité l’indignation. "Je vous prie de ne pas tenir compte du mail reçu le 11 mai à 8 h 35", a par ailleurs envoyé Christophe Mauny, directeur académique des services de l’éducation nationale, aux personnels de l’Hérault. "Ça n’est jamais arrivé, ça n’est arrivé pour aucune autre minorité religieuse, et ça nous paraît un précédent tout à fait inquiétant. Ce n’est pas un fichage, aucun nom n’a été demandé, mais il n’y a aucune justification à cette demande choquante en ce qu’elle associe la pratique religieuse musulmane à une question de sécurité", a ainsi réagi Marie-Cécile Périllat, co-secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire 31 (FSU 31), précise Le Monde.

Selon les mots de Mostafa Fourar, recteur de l’académie de Toulouse, au quotidien national, "si quelqu’un a pris cette initiative, l’Éducation nationale n’y est absolument pas associée". Il assure par ailleurs que les chefs d’établissements ont été invités à ne pas répondre à ces demandes, dénonçant une "grande incompréhension".

publié le 20 mai à 09h20, Orange avec 6Medias

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